Microsoft France, ou mon culot sur ta commande

Dans Le Monde daté du 23 Octobre, une page m'a fait hurler. La page 17 pour être précis. Sur une pleine page, Microsoft France nous explique en caractères gras de cinq centimètres de haut, je cite, "Protégez votre PC". Suivent trois étapes fortement recommandées pour ce faire:

  1. activer le pare-feu de Windows XP
  2. utiliser Microsoft Windows Update
  3. intaller un anti-virus et le mettre à jour régulièrement

Cette liste est clairement le comble du faux-cuisme le plus gonflé de ces dernières années.

  1. tout d'abord tout le monde n'a pas Windows XP et tout le monde ne peut pas, souvent pour des raisons professionnelles, évoluer sur WinXP. Et puis le firewall de WinXP est loin d'être un outil capable de répondre à des besoins professionnels.
  2. utiliser Windows Update ne sert à rien contre les trous béants de sécurité d'un logiciel comme Outlook. La seule solution actuelle connue face aux trous de sécurité de Outlook est de laisser tomber Outlook et passer à Mozilla Thunderbird par exemple. Ce n'est pas pour rien que le Ministère de l'Agriculture a basculé vers Mozilla. Une passoire comme Outlook ne mérite que d'être déplacée vers /dev/null, malgré quelques excellentes fonctionnalités. La sécurité l'emporte avant tout le reste.
  3. et qui paye pour cet anti-virus rendu nécessaire à 99.5% par les failles de Microsoft Outlook, de Microsoft IIS, de Microsoft Windows ?!? C'est incroyable quand même que pour pallier les trous béants de ses propres produits, Microsoft recommande d'ACHETER un logiciel commercial!!!! Un anti-virus tel que le préconise Microsoft est un pis-aller qui n'est là que pour se substituer la protection intrinséque et déficiente que devrait assurer le système lui-même. Sur Linux, quand sendmail a un problème, ce qui est rare, on patche sendmail dans les heures qui viennent au lieu de recommander d'investir dans Symantec six mois plus tard!!!

Ce n'est pas Linux qui finira par tuer Microsoft. Le pire ennemi de Microsoft, c'est Microsoft.

Tristan Nitot, François Nonnenmacher