Les vieux, Cleveland

Chez nous, en France, ils périssent de déhydratation pendant une grosse canicule. Ici, ils travaillent. Effrayant. Je viens de prendre un expresso dans la cantine de HP à San Diego où a lieu la réunion du CSS WG. Le couple qui tient le stand café aurait largement dépassé l'âge de la retraite chez nous: l'homme doit avoir 72 ans, son épouse 68. Je le redis, c'est effrayant. Cela me rappelle Cleveland (pour une autre réunion du CSS WG hébergée par Eric Meyer)où ma table de restaurant avait été desservie par un gentil papy de 75 ans (je lui ai demandé son âge) portant ces IMMENSES plateaux américains. Chez nous, un plateau de serveur est fait pour deux/trois assiettes au plus. Ce que j'avais en face de moi supportait 7 assiettes, et le papy avait l'air de plier sous le poids et les ans. J'avais envie de hurler. La seule chose qui m'en empechait vraiment était mon début de légionnellose... J'avais chopé ça juste avant mon départ, en même temps q'une demi-douzaine d'autres personnes dans le 15ème arrdt de Paris, et cela s'était déclaré doucement à Cleveland. J'étais tellement mal, incapable de respirer quand j'étais allongé, que j'avais failli appeler le 911 de ma chambre d'hôtel. J'avais réussi à reprendre souffle en me mettant la tête sous l'eau et en me forçant à me calmer en me pinçant jusqu'au sang. Le lendemain, je rentrais en France où mon père m'a instantanément donné un traitement antibiotique de cheval en me disant "impossible d'attendre une heure de plus, même pour le résultat d'analyses". J'ai bien cru crever à Cleveland. Deux fois d'ailleurs. La seconde, c'était dans l'avion de retour entre Cleveland et New York. Un tout petit avion, 8 places. On est passé dans un grain épouvantable, et on a entamé les procédures d'urgence genre mettez la tête entre les jambes et tout ça. Le pilote a amorcé une descente vertigineuse pour nous sortir de la tempête. Ceci s'ajoutant à cela, je me suis juré d'essayer de ne plus jamais remettre un orteil, et encore moins un poumon, à Cleveland.