Ce fut mon père qui trouva la solution. Une de ses patientes était enseignante d'Informatique au CNAM et les Arts et Métiers étaient, à pied, à bien trois minutes de mon Marais natal. La dame en question m'a emmené un après-midi avec son fils, du même âge que moi mais qui se tamponnait totalement de l'Informatique, au CNAM. Oh que ce Logabax 500 était beau... A côté du PET, c'était une machine professionnelle qui coûtait, excusez du peu, près de trente mille francs de l'époque!!!.

Logabax LX-500

Bon, le format 8 pouces des disquettes me gênait un peu, moi qui n'avait que des 5 pouces 1/4 mais la machine était plaisante. Son remplacement par deux LX-800 quelques mois plus tard fut une joie énorme. Je me rappelle parfaitement d'un collègue de la patiente à mon père, un grand moustachu, qui était sidéré de me voir babasser sur le LX-500 et apprendre en dix minutes ce qu'il enseignait à des adultes en plusieurs semaines. C'est aussi mon premier contact avec des languages différents de Basic et de l'Assembleur, si on omet le PL/1 de l'IBM 1130.

Pour préciser l'époque, on était début 1979, je rentrais en classe de seconde au Lycée Charlemagne, et depuis déjà plus d'un an et demi j'avais décidé de devenir informaticien, longtemps après ma première rencontre avec le Rockwell AIM65.

La seconde C était - je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui - une année charnière. On faisait de la théorie pour la première fois, et le besoin d'une vraie calculatrice commençait à se faire sentir.... Or ma seule calculatrice était celle que mon père m'avait ramené de New York en 1975. Une 4 opérations plus 1/x et racine carrée, affichage LED, une vraie merveille. J'étais en 1975 le seul élève du CES Grenier s/L'eau, Paris 4ème (6 6èmes, 6 5èmes, 5 4èmes et 4 3èmes, à environ 25-30 élèves par classe, faites le compte) à avoir une calculatrice. C'est cette calculatrice qui m'a fait découvrir, à huit ans, les nombres relatifs. A la même époque, le proviseur avait du disperser une véritable émeute à la sortie du bahut quand un gamin a montré sa montre à quartz (affichage LED aussi). On n'avait jamais vu ça auparavant.

Ma tante m'a alors fait littéralement fondre en m'offrant le must de l'époque, la TI-59 et son socle d'impression!

TI-59

Nom de Zeus que j'étais aux anges!!! 959 octets de mémoire, des cartes magnétiques inscriptibles à l'envi, une imprimante thermique. Et des fonctions cachées. Mon premier soft vraiment sérieux, un interprèteur BASIC. En 959 octets, warf !

La même année, un autre patient à mon père, lui aussi professeur d'Informatique, m'a prêté pour un week-end son trésor : un TRS-80 complet avec plein de périphériques. Mes deux copains de classe Pascal Bardone et Gilles Perrin, retrouvés longtemps plus tard à l'X, ont squatté chez moi presque une journée entière, et c'était à qui manipulerait le plus longtemps la bête. Et puis il a bien fallu la rendre, le dimanche soir...

Tandy TRS-80

Et je me suis donc mis à l'assembleur du Z80, tellement plus puissant que celui du 6502. On est alors en mars 1980. Ma scolarite - et mon futur informatique avec - va bientôt basculer, mais ce sera l'occasion d'un nouvel épisode...