Pages roses du Larousse du Management...
By glazou on Thursday 18 March 2004, 11:36 - AOHell - Permalink
C'est une publicité télévisée pour une émission à venir sur la même chaîne. On y voit un "grand patron" français de la soi-disant nouvelle économie, dont le nom commence par T et finit par Z et qui gère la filiale française d'une boîte catastrophique que je connais bien, gueuler sur ses subordonnés un truc du genre "non, ça ce sont les problèmes, amenez-moi les solutions". Combien de fois ai-je entendu cette rengaine, qui doit être distillée dans le cours "Initiation au Management" de toutes les Ecoles de Commerce et de toutes les entreprises françaises dans leur formation interne... Combien de fois l'ai-je entendue, et combien de fois ai-je vu non seulement l'inutilité mais également la contre-productivité de cet état d'esprit du "patron". Le "patron" n'est pas seulement celui qui "gère" la boîte (j'utilise ici le mot "gère" volontairement comme on utilise "manage" en anglais), c'est aussi, cela doit être surtout celui qui "dirige"; diriger, c'est donner la direction. Quand on exige de ses subordonnés uniquement des solutions et jamais des problèmes, on ne dirige pas, on gère. Le dirigeant d'entreprise, c'est celui qui a l'autorité suprème non seulement sur la gestion quotidienne de l'entreprise mais également sur la piste qu'elle suit. Lorsqu'en-dessous cela ne suit plus, il n'y a que deux possibilités:
- les subordonnés ne prennent jamais de décision et ramènent vraiment tout au patron. Le problème ici n'est pas le subordonné. Le problème, c'est le patron qui ne sait pas choisir ses subordonnés. Il faut peut-être changer les subordonnés, mais il faut surtout changer le patron...
- les subordonnés savent prendre des décisions. Donc s'ils ramènent un problème au patron c'est qu'ils ont besoin de sa vision supérieure, que la décision est trop importante ou ardue pour être prise par eux. Le patron peut remercier le ciel d'avoir des subordonnés loyaux qui lui remontent les problèmes sérieux au lieu de tout pêter. Un patron qui ne sait pas travailler sur les problèmes de ses subordonnés doit être changé.
Un élément déterminant de la stabilité, de l'innovation, de la compétitivité, et de l'ambiance d'une entreprise est "le patron". La boîte est souvent à son image. En bien ou en mal.
N'est pas Barksdale qui veut, mais je crois que dans le cas de l'entreprise dont je parle plus haut, c'est une évidence pour tout le monde, n'est-ce pas ?

Comments
Il y a aussi les patrons "pipoteurs", ceux qui préfère qu'on leur apporte des chiffres/résultats qui correspondent à leur attente plutôt que les vrais chiffres non traffiqués.
Dans le Figaro, il y a quelques temps "Chronique du Management", le chroniqueur expliquait très bien cette différence. Aujourd'hui, on distingue les manager et les leaders. Les manager "managent" (je peux t'en parler, j'en suis ;-))) ) c'est à dire gèrent des chiffres et des rapports, et accumulent des protections (c'est le phénomène des copie de mail par ex., sans parler des blind copies, que j'ai bani de mes équipes). et le chroniqueur de constater que les leaders ne sont plus très nombreux...