• Maria s'est fait charcuter les yeux au laser ce midi pour corriger sa très grosse myopie. Quelques heures plus tard, le résultat est déjà sidérant : elle peut lire les textes défilant sur la télé à plus de 4 mètres, elle a reconnu quelqu'un à trente mètres. Absolument incroyable. Pendant qu'elle fixait la petite lumière rouge, je patientais dans la salle d'attente en lisant une revue appelée Management. J'y ai lu quelques rares trucs intéressants et surtout beaucoup de conneries. En particulier l'interview d'un grand DRH qui expliquait doctement qu'il ne faut pas virer ceux qui, promus à un nouveau poste managérial, atteignent leur "niveau d'incompétence" mais plutôt les dégrader en douceur. Il expliquait que l'échec du salarié blabla, l'échec du salarié ceci, l'échec du salarié cela. Certes, certes. Mais pour un DRH, il ferait mieux de se préoccuper de l'échec du mécanisme de sélection managériale de son entreprise. Certes encore, il n'est pas toujours facile de voir ou savoir que quelqu'un va atteindre son niveau de Peter. Mais quand même. Ce qui me tue en France, c'est l'absence quasi-générale d'autocritique des organisations commerciales. Pourtant la critique est constructive. Et je pense même que la critique est constructive MÊME quand elle est conflictuelle. Mais certains sont suffisemment autoritaires et imbus d'eux-mêmes pour ne pas vouloir voir le côté constructif de ce type de critique, et ne retiennent que le côté "conflictuel". Seulement quand toutes les méthodes "consensuelles" sont épuisées, il ne reste souvent que le conflictuel.
  • Les dernières phrases ci-dessus sont une habile transition pour vous parler d'Electricité de France, chez qui je rentrais il y a exactement dix ans. Et vous, où étiez-vous il y a dix ans ? Inutile de le dire en commentaire ici, bloggez-le !
  • Hier à Paris, les flics ont donc arrosé les pompiers de gaz lacrymogène. Les Pompiers... Bon sang, les pompiers sont les seuls fonctionnaires adorés dans ce pays, et peut-être les seuls personnes que la totalité de la population soutient. Donc les pompiers se font gazer par la police juste à temps pour le journal de 20 heures à 2 jours du second tour d'élections régionales annoncées comme désastreuses pour le gouvernement, qui tient donc les rênes de la police... Celui qui a donné cet ordre ne peut être que totalement con, ou totalement diabolique. Or les flics dépendent de Sarkozy, non (les pompiers aussi me direz-vous) ? Et ce dernier n'a peut-être pas intérêt à ce que le résultat des élections ne soit pas la déroute annoncée. En effet, son influence s'en trouverait considérablement réduite, il ne serait plus le seul recours d'une Chiraquie en déroute. Tout cela est peut-être, voire certainement, capillotracté mais tout de même, il n'y pas geste plus impopulaire que de charger les pompiers... Si c'est volontaire, c'est diabolik-niark-niark-niark, et sinon c'est consternaffligeant.
  • Ce matin, après avoir déposé Maria du côté de sa clinique LASICS, j'ai emmené les enfants chez leurs grands-parents. Et rue des Filles-du-Calvaire, Michel Gabriel-dans-sa-poussette et moi-même avons failli nous faire renverser par un jeune bachi-bouzouk en gros 4x4 noir (I HATE THOSE FUCKING URBAN SUVs, fin de l'intermède) qui en plus m'a insulté. Vu le quartier et la proximité de la rue Vieille du Temple, la première chose qui est venu à son cerveau atrophié de vendeur de fripes (le gars s'est arrêté 150  mètres plus loin pour retourner bosser dans son magasin de chemises de daube, la vérité si je mens!) a été de gueuler "Homosexuel, va!" par la fenêtre. Vous avez bien lu. Il n'a pas crié "Pédé, va!". J'en tire plusieurs conclusions totalement dénuées d'importance mais que je ne résiste pas à vous livrer:
    • chez les yiddishisants de la rue de Turenne, l'aristocratie c'était le vêtement féminin. Difficile et artistique, un challenge et un gros risque financier. La nouvelle génération pied-noir de la fripe fait dans le schmattes pour homme. Forcément.
    • y'a pas plus con qu'un con qui essaye d'avoir l'air culturé du bulbe. Il est tellement con qu'au concours du plus con, il arriverait second, trop con pour arriver premier (copyright Edika). Je dédie cette réflexion profonde à la mémoire d'Yvan Audouard.
    • la lecture du Capitaine Haddock est salutaire. Elle permet d'étoffer son registre d'insultes et d'entrevoir comment en construire de nouvelles. Est-ce qu'on insulte quelqu'un à la volée en criant "Homosexuel, va!", non mais je vous jure... Et pourquoi pas "Spartiate sodomite, va!" ou  "Emule de Jules César, va!" pendant qu'on y est ? C'aurait du chic, à defaut du choc. Quant à m'insulter en me traitant de pédé (moi qui suis hétérosexuel militant comme dirait Desproges!), il suffit de lire un autre capitaine pour trouver ça nettement moins insultant qu' "espèce de néo-conservateur bushisant haliburtonien ashfordisé". Désolé pour cette profonde grossièreté à l'encontre des bushistes, c'est sorti tout seul. Update: Et puis, non tiens, en fait, je suis pas désolé. Faut être vraiment con pour soutenir Bush...
    • il doit y avoir une fatalité qui pousse la plupart des jeunes hommes pied-noirs à frimer pour tout, par exemple avec un énorme Land Cruiser immatriculé 75. Remarquez, c'est pratique pour franchir à gué les caniveaux, surmonter les ralentisseurs crottés et grimper Ménilmuche les jours de grande pluie. Oui, une fatalité.