Il fait chaud au Texas. Et l'air est très moite; on se croirait aux Antilles un jour de moiteur sans vent. Je suis le seul à marcher sur cette gigantesque avenue. Certains automobilistes me regardent comme un cinglé, ou peut-être comme un SDF. Marcher par ce temps ? Il doit être sans-abri ou peut-être même pire, européen ! D'ailleurs mes hôtes ont failli ne pas me laisser rentrer à pied à mon hotel, c'est loin (oh, bien un petit kilomètre!) et je risquais de ne pas supporter la moiteur. Seuls les ouvriers qui retapent la route, et qui sont tous noirs ou chicanos, ont le droit de subir ce temps sans être enfermés dans un environnement climatisé. Ils ont même le devoir de travailler dehors, et même faire des efforts physiques Ils doivent être fous ou peut-être même pire, pauvres. Alors que j'arrive à sa hauteur, je vois l'Ouvrier chasser un joli gros Écureuil gris du gros tas de sable dans lequel il vient de planter sa pelle. Je suis des yeux l'écureuil, qui n'est aucunement effrayé par ma personne. Superbe. Et puis mes yeux reviennent sur le tas de sable, quelque chose a attiré mon attention. Qu'est-ce que c'est que ça ? Est-ce que... Oui. C'est ça. Dans le sable, une grande quantité de demi-coquilles d'huîtres et autres coquillages. Visiblement très âgés. Il y a aussi quelques os très abimés, il y a même un morceau de machoire animale, vu la forme cela doit être un très gros rongeur. Sachant que les Indiens avaient souvent l l'habitude de jeter leurs déchets de coquillages au même endroit pendant des centaines d'années jusqu'à construire des monticules énormes de coquilles, je demande à l'armoire à glace black se trouvant au bout de la pelle d'où vient le sable. Il me repond que ça vient d'une petite baie pas trop loin de la mer et que les coquillages proviennent d'un gros tas qui se trouve là-bas sur le sable; d'après lui, le tas qui a déjà été très entamé par les ponctions de son entreprise, fait encore plus de deux mètres de haut ! Il me dit qu'il ne sait pas d'où ça vient vu qu'il n'y a personne à proximité immédiate et que ce n'est pas une décharge connue. Je lui explique. Il se marre. Je lui demande pourquoi. Il me répond avec un gros rire que son tas de coquillages doit être alors la plus vieille chose créée par des humains dans le coin et qu'il va essayer de faire fortune en organisant des visites touristiques de son monticule de coquilles. Je lui répond en me marrant aussi que je lui enverrai des touristes de France. Et puis je continue vers mon hotel dans la moiteur. Petit détail : je n'ai pas trouvé les passages piéton sur les trois rues à côté de mon hotel. Je suis allé jusqu'aux feux rouges suivants. Il n'y a pas plus de passage piéton. et pour cause, il n'y a pas de piéton. A part moi. Cela doit être illégal ici. Allez je vous laisse, j'entends les sirènes du sheriff local, ça doit être pour moi.