Vous ne le saviez pas, vous pensiez sincèrement que l'ère des dot-coms du Sentier, des First Tuesdays où on parlait plus burn-rate que stratégie technologique, des imbéciles heureux des incubateurs à la Tokamac, bref que l'époque des flambeurs à coups de dizaines de millions pour que dalle et peau de nèfle était révolue ? Que nenni !!! Vous vous plantiez totalement...

Depuis quelques jours, et dans toute la région parisienne, la dernière dot-com flambeuse étale son budget marketing. Des dizaines de gusses en uniforme (pantalon, t-shirt, pull et casquette) à la marque distribuent des milliers de fascicules aux passants, spamment tous les pares-brises. Le budget est visiblement colossal, monstrueux, indécent. Et inversement proportionnel au résultat....

  • (moi) Bonjour, vous en distribuez beaucoup de ces prospectus ?
  • (lui) Plein !!! On en a plein ! on doit les donner à tous les passants, tous les commerçants et les placer sur toutes les voitures...
  • Wow, tout ça ?
  • Et oui, on n'a pas fini... ça va être un long week-end...
  • Et ça marche ?
  • Absolument pas... Personne n'en a rien à battre, on s'est même fait insulter par un commerçant qui l'avait accepté et qui nous a dit que pas un seul client ne s'en est servi en trois mois.
  • Ah. Alors à quoi ça sert ces prospectus ?
  • (le gars se bidonne franchement) Boah, ils devait rester un budget de comm dans un coin et ils ont un copain dans le besoin...

Le nom de la dot-com ? Allez, vous l'avez sûrement reconnue : Moneo, le "machin" dont personne ne veut et dont même le GIE Carte Bancaire se demandait lors de son lancement s'il était bien opportun. La réponse à cette question me semble claire :-)