Le compromis, calmer le jeu, penser constructif. J'ai entendu ça pendant des années, réponse facile de ceux qui n'aiment pas la critique,de ceux qui pensent contrôle. Toute critique est utile, à condition qu'elle soit justifiée, polie. Elle doit être aussi non individualisée sauf si la personne en question est dangereuse pour l'acitivité générale. Je ne pense pas entrer dans ce cadre pour Nvu.

Je me rappelle parfaitement d'un Treppoz, alors PDG d'AOL France, engueulant ses subordonnés en leur disant "vous ne me ramenez que les problèmes, je veux les solutions". J'ai d'ailleurs déjà bloggé là-dessus me semble-t-il. C'est une attitude complètement con, sauf si les subordonnés en question sont incapables d'initiative.

Toute critique est utile disais-je, et toute réponse n'a pas à être calme, posée et apaisante. La colère est utile, la gueulante est utile. Les coups de pied au cul aussi. Quand des sales cons attaquent ad hominem, je réponds. Et je réponds comme je le pense au moment où je le pense, parce que c'est comme cela qu'il faut le faire. Sinon on se bride. Je suis resté six ans dans une entreprise où cela était interdit, mal vu, où une diplomatie de pacotille était la règle. Où dire vraiment ce qu'on pense était impossible. Où on voulait du constructif. Où du coup tout le monde a appris à ne "pas faire de vagues", voire à mentir effrontément. Une entreprise où pourtant il y a des compétences terribles, des individus brillants. Brillants et bridés, parce que le management cherche des moutons obéïssants plutôt que des cerveaux. Et le résultat est là. Une entreprise où on a osé me répondre "la mise en commentaire de cette ligne dans le fichier inn.conf ne peut être réalisée en ce moment, la tempête de décembre 1999 étant prioritaire sur toute l'Entreprise et impliquant un moratoire sur toute action non orientée vers la résolution des problèmes causés par la tempête". L'auteur se reconnaîtra, j'ai autrefois cru en sa bonne foi, et sa volonté d'aller _vraiment_ de l'avant. Je m'étais lourdement trompé. Merde aux cons.

Alors merde à ceux qui pensent compromis mou, dont j'ai vu les effets néfastes en Suède et à EDF; merde aux chantres du constructivisme, qui sont souvent eux-même incapables de faire quoi que ce soit à part répondre "soyez constructifs", qui sont souvent incompétents au point de devoir laisser tout le travail à leur subordonnés en tirant ensuite la couverture à eux ; merde à l'esprit franchouillard qui règne autour de nous, imbu de soi jusqu'à préférer blâmer celui qui alerte que le système déconne plutôt de que blâmer ceux qui ont conçu ou maintiennent le système ; merde à ceux qui croient que tout leur est du ; merde aux énarques, qui atteignent souvent le point paroxystique de tous les défauts que je cite plus haut et dont l'influence sur notre vie quotidienne, sur nos relations européennes, sur nos relations extra-européennes est une catastrophe quotidienne tellement ils sont faux, faux-culs, arrogants et mauvais. Merde.