Comme tout entrepreneur, je viens de recevoir un bô courrier signé Villepin sous la forme d'une plaquette présentant le Contrat Nouvelles Embauches et les diverses autres villepineries. Passe encore que la Chiraquie nous raconte depuis 2002 que les charges des entreprises baissent alors que ce que je paye a augmenté d'environ 3% depuis un an... On sait ce que valent les déclarations de nos politiques.

Mais le CNE, c'est vraiment nous prendre pour des cons. D'abord, je trouve cela inacceptable du point de vue de l'employé. C'est clairement un emploi précaire, qui va pénaliser pour l'obtention de prêts bancaires, de logement à la location. C'est une épée de Damoclès permanente pendant deux ans, qui va instituer un climat néfaste au fur et à mesure que l'échéance des deux ans se rapproche.

Du côté Employeur, là, on touche au sublime et vous ne le saviez pas, je ne le savais pas. Malgré que les charges étranglent les entreprises (pour info, pour 100 euros net que je verse à Laurent en salaire, j'en verse plus de 83 en charges...), voici ce que le CNE institue en cas de rupture du contrat en plus des indemnités légales et de congés payés:

  1. versement d'une prime non soumis à l'impôt ni à cotisation sociale de 8% du salaire total versé durant l'ensemble du contrat.
  2. versement d'une allocation forfaitaire versée si le salarié n'est pas pris en charge par l'assurance chômage, dès qu'il a travaillé 4 mois dans votre entreprise
  3. contribution de l'employeur au Service Public de l'emploi (kézako ???) de 2% du salaire total versé durant l'ensemble du contrat

Bref, au minimum 10% de salaire en plus à payer alors que dans un vrai CDI, l'indemnité légale de licenciement n'est à verser qu'aux salariés de plus de deux ans d'ancienneté. Bien trop cher pour juste "simplifier le recrutement". Je parlais pas plus tard que ce soir avec une toute petite PME qui ne peut embaucher un nouveau salarié à cause non pas des difficultés à licencier, mais bien à cause du poids bien trop lourd des charges.

Villepin nous a tous, employeurs et salariés, pris pour des cons avec son CNE, poussé à la hussarde par une Ordonnance.