Il est des articles qui font mal. En effet, la Repubblica a publié récemment un article sur les négociations européennes avec Ankara dont la traduction, dans Courrier International, m'a fait froid dans le dos. Je vous en livre deux courts extraits :

C'est la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, qui a finalement réglé la énième crise européenne : il lui a suffi de passer quelques coups de fil à Vienne et à Ankara pour ouvrir les négociations de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne.

(...)

L'Autriche aurait souhaité insérer une clause supplémentaire envisageant des formes de collaboration avec Ankara différentes de la pleine adhésion. Mais Vienne a dû retirer sa demande après le coup de téléphone de Condoleezza Rice.

Quelques heures auparavant, on apprenait au contraire de la bouche même de la Ministre des Affaires Etrangères autrichienne que

75% de la population autrichienne est fermement opposée à cette adhésion. Nous ne pouvons que porter cette opinion. Le contraire serait un suicide politique.

Absolument. Alors ma cocotte, qu'est-ce qui t'as donc poussé aussi bien à te jeter du haut d'un pont sans élastique ?

Je crois que les US sont en train de faire d'une pierre deux coups; tout d'abord ils font effectivement entrer un allié de longue date à la population nombreuse, membre de l'OTAN, dans l'Union. Ensuite, ils vont fortement destabiliser l'Union Européenne pendant plusieurs dizaines d'années avec cette adhésion. Cela pourrait même culminer par une crise majeure, bien plus grave et profonde que nous ce que nous venons de récemment connaître. Bref, c'est parfait du point de vue de l'Administration Bush...