J'ai récemment rencontré presque devant chez moi et par le plus grand des hasards un ancien collègue de la R&D d'EDF avec qui j'ai eu à peine le temps de causer parce que j'étais vraiment _très_ pressé ce jour-là (qu'il veuille bien m'en excuser s'il lit ces lignes). Il a eu le temps de me dire que mes propos sur Bamberger et les autres variétés animales exotiques de la DSII avaient beaucoup plu et fait rire à l'époque parce qu'ils avaient fait mouche. Certes... Mais si cela était drôle, c'était aussi totalement navrant de devoir faire de tels constats d'échec.

Se coltiner à nouveau des cons, c'est malheureusement le lot normal et il faudra tôt ou tard faire encore avec. Mais se coltiner des salopards et des menteurs, non, ça, j'ai beaucoup trop donné, merci bien :

Fin juin 1999, alors que je vais au siège d'EDF pour une réunion, je croise un de mes bons copains dans l'entreprise. Je lui confie mon ras-le-bol absolu et lui annonce que c'est fini, je jette l'éponge et démissionne dès mon retour de vacances. Or il va croiser Bamberger quelques minutes plus tard et lui rapporter mes propos sous la forme "si tu veux faire qqchose du côté d'Internet et que tu as besoin de quelqu'un du genre de Glazman, dépèche-toi parce qu'il en a marre et s'en va". Dès la fin de la semaine, Bamberger me téléphone chez moi vers 21h30 et on cause 45 minutes. Il me répète plusieurs fois qu'il ne faut pas partir maintenant, qu'il a besoin d'expertise technique et donc de moi, qu'il va faire du neuf avec des gens neufs en pensant différemment, que les choses vont être organisées différemmement pour focaliser sur l'efficacité. Bon. Soit. Après tout, un grand Directeur d'EDF-GDF ne m'appelait pas chez moi tard le soir tous les jours, surtout pour me dire, je cite avec précision, "restez, j'ai besoin de vous". Alors je reste et je me bouge. J'écris plusieurs documents d'organisation, de propositions, de projets. Le tout culminera par l'organisation le 9 septembre 1999 d'une grosse réunion sur le site de la DER de Clamart à propos de la stratégie à adopter pour utiliser mieux l'Internet au sein d'EDF et GDF. Et puis rien. Aucun feedback de Bamberger, ni sur mes documents, ni sur la réunion. Quelques jours plus tard, je m'entends dire que "Bamberger a trouvé que tu te mettais trop en avant"... Et rien d'autre. Je veux dire strictement rien d'autre, que dalle, peanuts, niente. Me dire ça à moi ! Moi qui n'avais même pas suggéré le moindre rôle pour ma propre personne si ce n'est la responsabilité d'une étude de faisabilité (c'est-à-dire que dalle dans le petit vase close de l'infomatique à EDF) !!! Et même si cela avait été vrai, c'était le seul retour à faire sur l'ensemble des propositions ? Rien à dire ? Même pas un commentaire technique ou organisationnel ??? Et Bamberger avait "besoin" de moi ? Quel fieffé menteur. Quel échec aussi, quand on a vu ce qu'a donné la DSII...

Là, j'ai bien entendu tout envoyé bouler. Accessoirement, j'ai aussi envoyé mon CV à plusieurs dizaines de contacts. Je ne négligle pas le fait que tout a été volontaire, que j'ai été jugé trop "atypique" et que le départ était la meilleure solution. Me mettre en pêtard en ignorant mes papiers était effectivement la solution la plus rapide pour y arriver. Donc très peu de temps après, j'avais mon premier contact avec un cabinet de recrutement pour le poste chez Amazon. Ma démission d'EDF était rédigée le jour même. Je me rappellerai longtemps de mes deux entrevues pour l'annoncer : la première avec Allard qui était blanc comme un linge, la seconde avec Hérodin qui dissimulait très mal son envie de crier de joie. S'il avait su à quel point j'étais moi-même heureux de ne plus, sous peu, avoir affaire à lui ! J'en avais vraiment soupé des crèmes d'andouille à un pourcent de matière grise, surtout quand les 99% autres pourcents sont constitués de déloyauté et méchanceté bien lourdes. Chez moi, une carte CGT n'est pas un synonyme automatique de compétence et/ou de place réservée.

Quand j'ai rejoint Netscape, j'ai appris les bruits dégueulasses que le même Hérodin avait fait courir sur moi lors de mon entrée chez Halogen. En gros, il me trainait dans la boue non pas seulement sur ma personne (je n'en attendais pas moins de lui) mais également sur mes compétences techniques. Et cela, c'était inacceptable. Le résultat ? Les pages que mon ancien collègue m'a dit avoir tant appréciées. La boucle est bouclée.

S'il y a un seul mot pour qualifier ce qu'est l'Informatique à EDF, c'est bien celui-là : " gachis ". Et ce n'est pas la faute des ingénieurs-chercheurs mais bien celle du management.