Madame,

Je hais lorsque la télévision ou la radio, par la voix de quelqu'un qui se prétend journaliste, demande aux parents ou aux proches de la victime d'un crime odieux ce qu'ils attendent de la justice alors qu'on vient juste d'en arrêter les coupables. Les réponses sont en général consternantes, au moins autant que les questions ; les réponses ont heureusement deux circonstances atténuantes de taille : l'émotion tout d'abord, les questions elles-mêmes ensuite qui sont bien entendu faites entièrement pour vous faire répondre du sensationnel.

Aussi, lorsque j'ai entendu hier l'annonce de votre interview sur France Info, mon doigt était pré-positionné sur le bouton on/off de ma radio.

Mais votre retenue, votre dignité, votre intelligence m'ont instantanément figé. Vos propos clairs, posés et calmes dans votre malheur ont remarquablement servi votre message républicain. Et je tenais à vous en remercier chaleureusement. Il est rare qu'une minute de radio réussisse à m'émouvoir à ce point.

Veuillez agréer, Madame, mes condoléances les plus sincères en ces heures sombres.

Daniel Glazman