Le Grand Patakès
By glazou on Tuesday 4 April 2006, 14:52 - Franchouillardises - Permalink
- le Premier Ministre, de Villepin, veut introduire un nouveau type de contrat sensé aidé les jeunes à trouver plus facilement du boulot en permettant aux patrons de licencier plus facilement pendant deux ans. Bien entendu, cela satisfait parfaitement le MEDEDF ; bien entendu, cela n'aidera que ceux qui ont une qualification, et le problème en France, c'est le manque de qualification des jeunes. Bien entendu, il y aura des tonnes d'abus sans contrôle possible ou presque. Bien entendu, et Villepin l'a déjà affirmé publiquement, le but est d'étendre le CNE et le CPE à tout le monde pour en faire le nouveau CDI.
- Villepin considère qu'à chaque fois qu'on dialogue avec les syndicats, on va dans le mur ; que la France est inréformable si on lui demande son avis ; il s'asseoit donc sur la Loi Fillon imposant que toute modification au code du travail soit précédée de discussions avec les partenaires sociaux, et pond tout seul dans son coin son projet.
- les syndicats commencent à râler, ce qui est parfaitement normal puisque Villepon a fait fi de la Loi...
- Villepin passe en force, shuntant toute négociation pour faire aboutir au plus vite son projet
- dès le lendemain du vote, tout capote. Les syndicats d'étudiants et de salariés sont furieux et ne pardonnent pas ni la méthode, ni le projet.
- après que le trou de mémoire du Conseil Constitutionnel sur les engagements internationaux de la France vis-à-vis de l'OIT, Chirac promulgue la Loi. Dès sa publication au JO 24 heures plus tard, la Loi s'applique, des CPE peuvent être signés légalement.
- mais Chirac ne peut complètement sauver la face et la mise de son Premier Ministre (qui en sait beaucoup trop sur la Chiraquie pour être débarqué comme un malpropre) et calmer le jeu en même temps. Il promulgue et demande - en contradiction avec toutes ses prérogatives constitutionnelles - de suspendre pour demander à l'UMP de bosser sur une nouvelle mouture du projet. Une telle suspension de la Loi n'est pas prévue par la Constitution, et personne ne râle. Le Conseil Constitutionnel ne rappelle même pas à l'ordre le Président de la République, la gauche ne le saisit même pas en procédure d'urgence (mais est-ce même possible ??? 60 députés ou sénateurs peuvent le saisir sur la Constitutionnalité d'une Loi, mais là ce n'est plus le problème...)
- Le Premier Ministre est tellement shunté que Chirac est obligé de recevoir Sarkozy à l'Elysée pour bien montrer aux journalistes qu'il lui a demandé de travailler avec et pour Villepin. La méthode du gouvernement - le passage en force - est totalement déconsidérée, il s'agit en fait d'un désaveu MAJEUR pour un Premier Ministre si peu doué pour le dialogue qu'il traite régulièrement et publiquement parlementaires et syndicalistes de "pauvres connards".
- Sarkozy a bien compris que le dossier est explosif au point de pouvoir LUI couter la présidentielle. Le projet sera vidé de toute sa substance et on redémarrera sur des bases saines quand Villepin sera satellisé. On compte sur les vacances de Pâques à la fin de la semaine pour calmer un peu le jeu...
- Borloo, n'écoutant que son maître le Chi, demande à tout ce qui compte dans le pays de ne pas signer de CPE. Ce faisant, il s'expose à une peine de 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende pour, étant dépositaire de l'autorité publique et agissant dans l'exercice de ses fonctions, avoir pris des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la Loi, conformément à l'article article 432-1 du Code pénal... Chirac, en proposant lui-même cet artifice, foule au pied la Constitution dont il est le garant. Un cas de haute trahison dépendant de l'article 68 de la Constitution ?
Wow. Balaise le Villepin...

Comments
La fin du billet sauve le début
Le seul problème étant que la constitution qu'il bafoue ne répond pas aux exigences de notre époque, même lorsque l'on est compétent.
Pierre/Citronjaune : FOUTAISES... La république de San Marin est constituée depuis des centaines d'années et survit. La Confédération Helvétique est constituée depuis des centaines d'années et survit très bien. Le Royaume-Uni est bâti sur un modèle ancestral et survit très bien.
La seule raison qui pourrait me pousser à être d'accord est le quinquennat, cette saloperie qui rend pratiquement impossible la cohabitation.
Je vais essayer de me faire l'avocat du diable dans ce billet très campé sur une position :
1) Bien entendu, cela satisfait parfaitement le MEDEF -> Leur postion n'était pas aussi tranché au début.
2) les syndicats commencent à râler, ce qui est parfaitement normal puisque Villepon a fait fi de la Loi... -> C'est bizarre il y a quand même de nombreux mois que ce projet de loi est en préparation, et avant les syndicats ne se sont pas manifestés.
4) Villepin passe en force, shuntant toute négociation pour faire aboutir au plus vite son projet -> Exact mais il me semble que c'est pour passer outre la situation de blocage engrangée par les trop nombreux amendements proposés par le Parti Socialiste.
6) le trou de mémoire du Conseil Constitutionnel sur les engagements internationaux de la France vis-à-vis de l'OIT -> Le Conseil Constitutionnel juge la conformité du texte par rapport à la Constitution non ?
7) L'action de Chirac est très conne mais de toute façon, il l'avait forcément dans le ***. Je crois qu'il a pris cette décision pour faire appliquer le reste du projet de loi rapidement (avant les élections, histoire de présenter un éventuel bilan), le cpe n'en n'étant qu'un article.
9) « un Premier Ministre si peu doué pour le dialogue qu'il traite régulièrement et publiquement parlementaires et syndicalistes de "pauvres connards". » -> Techniquement les deux parties sont aussi nulles en communication : discuter après le vote de la loi c'est très fort, et leur côté les syndicalistes très doués en négociation en imposant le retrait de toute une loi comme préalable à la négociation. Dans le genre borné on ne fait pas mieux.
1/ De l'abus dans le licenciement il y en a dans les 2 sens (un ouvrier en tort peut faire énormément de mal à son boss du moment qu'il se sert des protections et recourts existants). Les cas existent.
2/ Il n'est pas le seul à le penser, et cela a été prouvé maintes fois dans le passé
3/ en effet -- ça ça me gène.
4/ comme il en a le droit. Il n'empêche que tout le monde à voté, à gauche comme à droite. Et la majorité à décidé. Pour l'annecdote, la gauche criant au plus fort qu'ils feraient tout pour contrer cette loie... au moment du vote ils n'étaient qu'une toute petite poignée pour voter contre ceux de droite qui étaient juste suffisamment plus nombreux qu'eux mais pas de beaucoup. Bref s'ils voulaient vraiment faire le maximum, au moment du vote ils auraient du tous être présent.
...
10/ excellent
... comme disait l'autre ...
ce n'est pas un western
ou un film américain avec les gentils d'un coté et les MAICHANTS de l'autre ...
du recul ... il nous faut énormément de recul (maitre blogueur ?)
"La Confédération Helvétique est constituée depuis des centaines d'années et survit très bien. Le Royaume-Uni est bâti sur un modèle ancestral et survit très bien."
Je ne sais pas comment ça se passe à San Marin (et d'ailleurs je m'en tape...), mais je sais qu'en Suisse le code du travail permet assez facilement aux patrons de licencier, tout comme en Angleterre. Et pourtant, personne ne descend dans les rues, en plus les patrons n'exploitent pas plus les employés qu'en France... Bref, tout ça pour dire que le CPE n'est à mon avis qu'un prétexte, et que la France à de bien plus gros problèmes à régler, comme par exemple le fait qu'un ministre puisse passer une loi envers et contre tout, sans véritable consultation...
Par contre je trouve triste qu'un pays comme la France, qui prétend donner des leçons de démocratie aux quatre coins de la planète, ne soit pas capable de résoudre ses problèmes de manière démocratique... En Suisse quand on a un problème avec une loi, on fait un référendum et le peuple est appelé à voter sur cette loi, ça évite bien des voitures brûlées et des castagnes avec les CRS (comment ça c'est chiant la Suisse?). Bref, mon commentaire commence un peu à tirer en longueur...
Mirko: il faut donner un motif de licenciement même en UK ou CH.
Et quand la rue se plaint, C'EST LA DEMOCRATIE. Cela cesse de l'être quand on lui tire dessus...
En Suisse, vous me faites marrer avec vos votations. Cela ne fait pas trop longtemps qu'on ne vote plus à épée levée dans certains endroits et les femmes n'y ont le droit le vote local que depuis peu. Et puis vous êtes un peu + de 7 millions en tout sur un petit territoire. Combien de votants ? Ici, organiser des referendums pour tout couterait UNE FORTUNE. Presqu'impossible.
Le probléme en France concerne les jeunes qualifiés, les diplômés bac +5 qui effectuent stages sur stages. Le prétexte étant "pas assez d'expérience professionnelle". Les jeunes non qualifiés ont des réponses comme le contrat d'apprentissage le contrat de professionnalisation. Ceux ci peuvent obtenir un diplôme.
Depuis plusieurs année la politique est 100% au bac. Nous récoltons ce qui a été semé.
vertheliotrope: depuis quand le Bac est une qualification ???? On sait faire quoi quand on a le bac ??? Soyons sérieux une seconde...
Je ne sais pas pour l'Angleterre, mais il n'y a pas besoin de motif pour licencier en Suisse, du moins pas de réel motif. C'est juste une histoire de délai. Un patron peut très bien vous licencier parce qu'il n'est pas content de vos prestations, mais il n'a pas besoin de se justifier, il doit juste respecter les délais en vigueur.
De plus, quand je te parle de référendum en Suisse, je ne prétends en aucun cas que cette solution est valable pour la France. Je pense juste que la France a besoin d'un système qui favorise plus la participation du peuple, et pas de dirigeants qui sortent tous des mêmes écoles innaccessibles à ce même peuple. Quant à ton ironie sur la Suisse où on votait à épée levée il n'y a pas si longtemps, je crois que c'est un peu hors-sujet (troll?). C'est un peu comme si je te parle d'OpenOffice et que tu me dis que Bill Gates aimait bien la choucroute à 4 ans...
Quant à la démocratie, je ne suis pas d'accord avec ta définition désolé. La démocratie c'est le peuple qui a le droit à la parole, pas le peuple qui doit la prendre de force.
+1 Mirko
Il me semble qu'en Suisse lorqu'un pétition réunit un certains nombres de voix, alors une loi doit être débattu sur le sujet ou un truc qui y ressemble.
+1 pour manifester son opinion (oui faut le préciser) dans la rue, mais quid de la représentativité ? Est-ce que 100 000 personnes ayant des mêmes idées supposent que l'ensemble de la population y adhère ? Le référendum me semble une bonne idée dans de tels cas. (je ne sais pas vraiment combien ça coûte).
De plus pas mal de loi ont été en France votée contre l'opinion publique, et sont maintenant reconnue comme des avancées. (entre autre ivg et abolition peine de mort).
@Mirko
La notion de démocratie me parait personnellement de plus en plus flou. Je viens de lire un petit bouquin sur la LQR d'Erik Hazan où l'auteur rappelle qu'éthymologiquement, le "kratos" sous-entend le pouvoir d'un camp sur un autre. En d'autre terme, la démocratie n'est pas le jolie conte féérique que l'on pourrait croire (ou que l'on veut nous faire croire), mais bien la domination d'au moins une partie de la population sur une autre. Ceci étant dit, le mot démocratie a été vidée de sa substance de manière relativement naturelle (savoir que dans l'antiquité, ce mot n'était pas véritablement employé, justement à cause des connotations un peu guerrière) pour apparaître comme un mot unificateur ou fédérateur. Mais ne nous trompons donc pas, la démocratie, c'est un peu la fameuse "lutte des classes" chère au barbu socio/eco/politico/etc/etc.logue Karl...
@ Mirko
Manifester est un droit démocratique. Il ne s'agit donc pas de prendre la parole "de force". Daniel est peut-être un peu caricatural dans sa description mais arrêtez les bêtises, ils lui ont tendu une sacrée perche. Ubu est né en France ne l'oublions pas.
@ Zebob
Je me demande vraiment comment certains s'étonnent encore qu'il y ait des centaines de milliers de personnes dans la rue qui réclament l'abrogation pure et simple. Parfois quand on se fout de la gueule du monde il y a retour de bâton.
Les syndicats ont protesté dès le début (idem avec le CNE). Si (comme Villepin ?) on commence à s'en rendre compte lorsqu'il y a un plus de 2 millions de personnes dans la rue, c'est qu'on a pas suivi (comme Villepin ?) ou qu'on a raté un épisode (comme Villepin ?). Bref on est mal placé pour faire la leçon : comme Villepin.
www.ldh-toulon.net/breve....
Villepin annonce le CPE le 16 janvier et aussitôt les syndicats protestent :
jt.hautetfort.com/archive...
D'ailleurs Borloo est à l'écoute :
permanent.nouvelobs.com/s...
Comme quoi la concertation et le dialogue social sont bien à l'ordre du jour
Pour la petite histoire. L'idée d'un contrat de travail pour faciliter l'emploi des jeunes a été d'abord évoquée par Sarkozy, suite à la crise des banlieues. Il semble bien que Villepin, n'ayant en tête que la course à la présidence ait jugé "stratégiquement payant" de lui brûler la politesse et de lui couper l'herbe sous le pied, sur l'air du "moi aussi je peux le faire", puis du "j'ai des couilles" (c'est comme ça qu'il cause en privé) : voyez je tiens tête à la chienlit et à l'anarchie (tout comme Sarko face à la racaille). C'est réussi. On est bien dans le burlesque.
@Jean
Si Sarkozy a émis cette idée pour tendre un piège à Villepin, il est vraiment démoniaque...
Après tout, pourquoi pas...
Remarquons que le gouvernement pour éviter le total ridicule a évité de promulguer le CPE samedi 1ier avril. Chirac a donc du signer un dimanche
@ steph
Je sais que les péripéties de cette lutte pour le pouvoir sont difficiles à croire. Je ne pense pas que Sarkozy ait tendu un piège mais que chacun veut se montrer et se faire "une image" auprès de certaines catégories de l'électorat pour 2007. C'est la surenchère sur fond de Chirac quasi liquéfié sur fin de règne et ça donne ce qu'on vit en ce moment avec intéractions en cascade, un peu comme une mise en page qui se ramasse en chaîne dans IE :-))
À lire un article édifiant du Monde daté du 30 mars dernier : "Scènes de crise à Matignon".
www.lemonde.fr/web/imprim...
Salut glazou, faudra que je passe te voir plus souvent, tu me fais toujours autant poiler. Directement ou via des liens
Au fait, le conseil constitutionel a décidé il y a longtemps, une bonne fois pour toutes, que les engagement internationaux de la France ne font pas partie du "bloc de constitutionalité", et que par conséquent il n'a aucune légitimité pour juger si une loi est conforme ou non à un traité.
De toute façon, ces derniers temps, à chaque fois qu'on voulait pas faire passer un texte (loi ou traité) contraire à la contitution, Chirac faisait modifier la constitution...
Concrétement, c'est le juge ordinaire qui doit se farcir la contradiction entre la loi et les traités, et dans ce cas le traité l'emporte. Toujours.
Application concrète : les prud'hommes doivent appliquer les règle de l'OIT, et ils le font déjà. Le soldat CPE est parti au casse pipe, c'est une mission suicide, il ne passera pas le champs de mine "motivation", même s'il survit au "débarquement" en moins de deux ans.
RIP...
Et une larme pour la maman, qui est déjà en train de pleurer le grand frère CNE, lui-même encerclé et qui appelle désespérement au secours.
Mais dans le vide politique, on ne vous entend pas crier...
(musique d'ambiance, maestro...)
aller, bon WE
dans les faits, on est mal gouverné. et oui il y a un véritable malaise quand on essaie de faire passer en force des vessies pour des lanternes
ce n'est PAS possible le "cpe" tel qu'il fut décrit
ce n'est NI aux usa NI en angleterre
et qu'on arrête de me parler des pays étrangers à torts et à travers.
----
il est arrivé que la démocratie fut prise de force par le peuple ou un groupe de gens avec le soutien ou l'approbation tacite de la majorité. on pourrait parler de la révolution française.
la même chose arrive avec la dictature aussi
inutile de faire des phrases toutes faites.
---
le BAC n'est pas une qualification.
c'est une épreuve qui prouve qu'on a le niveau lycée pour ensuite aller en université ou formation
ni + , ni -
ce n'est ni un tort, ni une bénédiction
mais en aucun cas une "qualification" pour un métier
ne me faites pas rire, je vous embaucherai pas.
----
la france est gangrenée de mentalité de misérables, de victimes. plutôt que de cracher sur nos institution et la constitution, on ferait mieux de croire dans le pays et investir en masse, peu importe si on y paye des impôts.
combien de fois dois je supporter des concitoyens qui me sortent que rien n'est possible quand je vois pertinemment qu'ailleurs des gens se démerdent avec 3 fois.
et ce n'est pas "l'assistanat" le problème , c 'est un déficit culturel, une absence d'éducation, d'Histoire ou de je ne sais quoi mais c'est ancré.
ho que punaize que je suis pour la "réforme", mais certainement pas celle qui est prônée à tue-tête par les bien-pensants.