1. le Premier Ministre, de Villepin, veut introduire un nouveau type de contrat sensé aidé les jeunes à trouver plus facilement du boulot en permettant aux patrons de licencier plus facilement pendant deux ans. Bien entendu, cela satisfait parfaitement le MEDEDF ; bien entendu, cela n'aidera que ceux qui ont une qualification, et le problème en France, c'est le manque de qualification des jeunes. Bien entendu, il y aura des tonnes d'abus sans contrôle possible ou presque. Bien entendu, et Villepin l'a déjà affirmé publiquement, le but est d'étendre le CNE et le CPE à tout le monde pour en faire le nouveau CDI.
  2. Villepin considère qu'à chaque fois qu'on dialogue avec les syndicats, on va dans le mur ; que la France est inréformable si on lui demande son avis ; il s'asseoit donc sur la Loi Fillon imposant que toute modification au code du travail soit précédée de discussions avec les partenaires sociaux, et pond tout seul dans son coin son projet.
  3. les syndicats commencent à râler, ce qui est parfaitement normal puisque Villepon a fait fi de la Loi...
  4. Villepin passe en force, shuntant toute négociation pour faire aboutir au plus vite son projet
  5. dès le lendemain du vote, tout capote. Les syndicats d'étudiants et de salariés sont furieux et ne pardonnent pas ni la méthode, ni le projet.
  6. après que le trou de mémoire du Conseil Constitutionnel sur les engagements internationaux de la France vis-à-vis de l'OIT, Chirac promulgue la Loi. Dès sa publication au JO 24 heures plus tard, la Loi s'applique, des CPE peuvent être signés légalement.
  7. mais Chirac ne peut complètement sauver la face et la mise de son Premier Ministre (qui en sait beaucoup trop sur la Chiraquie pour être débarqué comme un malpropre) et calmer le jeu en même temps. Il promulgue et demande - en contradiction avec toutes ses prérogatives constitutionnelles - de suspendre pour demander à l'UMP de bosser sur une nouvelle mouture du projet. Une telle suspension de la Loi n'est pas prévue par la Constitution, et personne ne râle. Le Conseil Constitutionnel ne rappelle même pas à l'ordre le Président de la République, la gauche ne le saisit même pas en procédure d'urgence (mais est-ce même possible ??? 60 députés ou sénateurs peuvent le saisir sur la Constitutionnalité d'une Loi, mais là ce n'est plus le problème...)
  8. Le Premier Ministre est tellement shunté que Chirac est obligé de recevoir Sarkozy à l'Elysée pour bien montrer aux journalistes qu'il lui a demandé de travailler avec et pour Villepin. La méthode du gouvernement - le passage en force - est totalement déconsidérée, il s'agit en fait d'un désaveu MAJEUR pour un Premier Ministre si peu doué pour le dialogue qu'il traite régulièrement et publiquement parlementaires et syndicalistes de "pauvres connards".
  9. Sarkozy a bien compris que le dossier est explosif au point de pouvoir LUI couter la présidentielle. Le projet sera vidé de toute sa substance et on redémarrera sur des bases saines quand Villepin sera satellisé. On compte sur les vacances de Pâques à la fin de la semaine pour calmer un peu le jeu...
  10. Borloo, n'écoutant que son maître le Chi, demande à tout ce qui compte dans le pays de ne pas signer de CPE. Ce faisant, il s'expose à une peine de 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende pour, étant dépositaire de l'autorité publique et agissant dans l'exercice de ses fonctions, avoir pris des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la Loi, conformément à l'article article 432-1 du Code pénal... Chirac, en proposant lui-même cet artifice, foule au pied la Constitution dont il est le garant. Un cas de haute trahison dépendant de l'article 68 de la Constitution ?

Wow. Balaise le Villepin...