100 ans
By glazou on Sunday 28 May 2006, 07:02 - Franchouillardises - Permalink
Il y a bientôt 100 ans s'achevait l'Affaire Dreyfus, après avoir profondé divisé le pays en deux. On ignore presque aujourd'hui à quel point une frange très importante de la population était viscéralement antisémite en France à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème. Qui se souvient encore qu'il s'est créé en France vers 1890 un parti politique qui s'appelait le Parti Antisémite ? Que "La Libre Parole" n'était pas le titre d'un blog proche de l'UMP mais celui d'un quotidien dont l'antisémitisme ramène "Je Suis Partout" au rang de gentillesse humoristique ? Que le mot "Antijuif" n'est pas une tentative de corriger l'imprécision d' "antisémite" mais le titre d'un autre journal parisien ? Que Vichy n'était pas une parenthèse de l'histoire mais bien la continuité logique de plus de cinquante ans de théories racistes et de tentatives de renversement de l'état de droit ? Qu'une grande partie de la noblesse catholique et de la très grande bourgeoisie n'avait jamais digéré l'émancipation des juifs organisée par la Révolution Française ?
UPDATE: je n'ai pas fait exprès, mais décidément mon article était parfaitement d'actualité....

Comments
"Qui se souvient encore"
je me souvenais qu'une partie de votre liste.
avis perso : je ne crois pas que ces démons soient mort en 45. ils sont vivants. ils ne concernent pas que les juifs.
Il pourrait cependant être utile, à mon sens, de préciser qu'il n'y a pas tant *un* démon en France que *plusieurs* démons: antisémitisme clérical, antisémitisme d'extrême-gauche, etc. Ce n'est pas censé rendre la chose plus tolérable, mais cela évite l'amalgame facile d'une France unique et unanimement antisémite. Il y a et a eu des courants, antisémites en France, très divers, comme des courant philosémites (ou même «agnistico-sémites»). Si la France a été divisée, c'est que beaucoup, et beaucoup de grands, ont oeuvré et milité pour la libération et la réhabilitation de Dreyfus.
Présenter un tableau unanime est une tentation facile, c'est sans doute ce que l'on peut reprocher à l'approche parfois globalisante de Zeev Sternhell. Or, quand tout se vaut («en Proudhon naît Pétain») alors plus rien ne vaut.
Amicalement,
-- Benoit