Prévisible
By glazou on Friday 29 September 2006, 11:52 - General - Permalink
Cette allée ne fait pas plus de cinquante mètres de long. Je suis seul à un bout, je viens de laisser Gabriel à l'entrée de son école internationale et je repars. L'allée est vide un très court instant, puis entre à son autre extrêmité une femme de 48-50 ans. Même vue de loin, on se rend immédiatement compte qu'elle a du être superbe, qu'elle est encore très belle. Anglaise, c'est évident. Elle me voit de loin et baisse les yeux instantanément, continue à marcher en regardant ses pieds, les plantes sur le côté, le gravier, tout ça... C'est tellement différent de son regard à hauteur d'homme des secondes précédentes que je ne peux que penser qu'elle fait exprès parce que je suis en face. Attention, je ne la bouffe pas des yeux du tout, en fait, je m'en fous complètement. J'ai constaté sa présence, point, et je me magne de retourner à ma voiture avant le gigantesque embouteillage chaque vendredi matin à cet endroit. On se croise au milieu de l'allée et pile à ce moment-là, elle relève la tête dans un mouvement circulaire impossible à improviser, et me plante ses yeux dans les miens, un léger sourire de connivence sur ses lèvres entr'ouvertes. Une bouffeuse d'hommes, quoi. A la plus grande surprise de la femme en question, j'éclate de rire et continue bien entendu mon chemin.
Y'a des petits matins comme ça, on trouve les gens prévisibles...

Comments
Oui c'est un truc que j'ai remarqué il y a quelques temps. En général quand un homme voit arriver en face de lui une belle femme, il la regarde jusqu'à son arrivée à sa hauteur. Tandis qu'une femme voit l'homme, baisse les yeux et les relève pile au moment de le croiser.

Depuis je m'amuse à faire de même de temps en temps, histoire de les griller
Et bien moi, la fille elle baisse les yeux, on se croise et elle garde les yeux baissés.
Que dois-je en conclure ? :/
@Guillaume :
Que tu as de belles chaussures ?
En le croisant le matin devant une école internationale, la belle Anglaise se serait volontiers laissé aller à croquer du Glazou, alors que si elle l'avait rencontré tard le soir dans une banlieue sale, elle n'aurait fait ni une ni deux avant de prendre ses jambes à son cou.
Dans les endroits libres et éduqués, les femmes regardent les hommes. Dans les endroits craignos et macho, elle gardent les yeux baissés. Moralité: la liberté de la femme, c'est la meilleure manière de se faire croquer.