questionsOui, étonnementS au pluriel... J'étais donc invité hier soir au "banquet républicain" du "club de pensée" Dialogue et Initiative fondé par Jean-Pierre Raffarin. Bien entendu, la vedette américaine de ce dîner était JPR lui-même. Il faut que je précise pourquoi j'ai été invité, dans quel cadre et ambiance j'y suis allé... Lors de mon évaluation des blogs politiques français et après ma note de 18/20 donnée à son carnet, Jean-Pierre Raffarin m'a publiquement remercié sur son blog. Dans un commentaire qui n'avait pas vocation être publié par le modérateur (et qui donc ne l'a pas été), je lui proposais une interview sur la high-tech et la R&D à l'instar de celle déjà réalisée avec André Santini. Après quelques échanges de mail, une réponse positive est arrivée, et j'ai envoyé ma douzaine de questions par mail avant la pause estivale. J'ai reçu les réponses par la même voie, après l'été, et elles ont été publiées sur ce blog dans la foulée. Le contact avec Jean-Pascal Picy, le conseiller de JPR, était très cordial depuis le début et, clairement dans sa stratégie d'usage du Web pour sa communication, il m'a invité au grand raout d'hier soir.

Je n'ai accepté qu'après une assez longue conversation téléphonique pour vérifier où je mettais les pieds, comment je mettais les pieds. En particulier, je ne voulais aucune assimilation "presse" de mon invitation. Je me suis ainsi retrouvé à une table marquée "blogueurs", et je reconnais que cela m'a pas mal gêné. J'aurais infiniment préféré un strapontin à la table juste en face de la mienne où Pierre Mazeaud que j'estime énormément se trouvait. Ma dernière immersion vraie dans un tel repas m'avait permis, à la rage folle du général trois étoiles à ma gauche qui ne comprenait rien à la conversation, de passer une soirée fabuleuse à discuter de l'économie du khat avec le gouverneur de la banque centrale de Djibouti... Mais bon, je reconnais la difficulté extrême d'immerger un inconnu complet à une table de militants UMP venant d'une fédération, une table de gens qui payent pour être là (et si), ou à une table de parlementaires/élus. Après tout, je n'aurais pas du être là, n'est-ce pas.

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la question qui ne manquera pas d'être posée : mais oui, bien entendu, je sais que le seul fait d'écrire le présent article est ce que voulait JPR et son équipe. Parce qu'il s'attend bien entendu à ce que mon article ne soit pas une descente en flammes. On ne flamme que la bêtise crasse, et on peut être d'accord ou pas d'accord avec Raffarin, le terme "bêtise" sera hors de propos. Donc faire du buzz. Utiliser le canal. Bon. Et alors ? Ce n'est aucunement une récupération (croyez-moi, ceux qui voudraient me récupérer finiraient peut-être par amèrement le regretter) mais oui, il s'agit d'une utilisation. De bon aloi. Cordiale. Même franchement sympathique par bien des aspects. Je ne suis ni affilié, ni salarié, ni rémunéré, ni gratifié, si ce n'est pas par une terrine de poireau et saumon, un filet de boeuf et une mousse aux fruits. Cela reste en-deça de ma limite d'acceptabilité. Et si moi, je ne m'en offusque pas plus ça (un certain Président dirait que cela lui en touche une sans...), alors pourquoi vous en offusqueriez-vous... Et si vous souhaitez tout de même vous en offusquer, et bien arrêtez de lire ici même et passez votre chemin, merci.

Ceci étant dit, passons au vif du sujet.

19h45, je pénètre dans le hall de l'hôtel Concorde Lafayette où va avoir lieu l'évènement. Les hôtesses d'accueil font le pied de grue dans le hall depuis plus d'une heure et demie, je les ai vues se faire briefer par leur manager à 18h15. Elles sont toutes grandes et belles, très grandes et très belles. On sent l'organisation "pro" qui est passée par une agence d'hôtesses d'accueil. La foule compacte qui se dirige vers les ascenseurs et le premier étage est impressionnante. La quantité de rosettes (légion d'honneur) au mètre carré est proprement stupéfiante, mais comme disait Maurice Maréchal, la légion d'honneur, il ne faut pas seulement ne pas la demander, il faut également ne pas la mériter.

Et puis tout de suite, l'organisation devient un peu moins "pro" et ça fait assez plaisir à voir. Bousculade franche devant les tables d'enregistrement, on se croirait dans une école d'ingénieurs pour un distribution gratuite de ti'punch ! De très nombreux invités ne sont pas sur les listes malgré leur carton d'invitation, ou n'ont pas de table assignée. Un gros monsieur qui arbore fièrement sa rosette et son ONM me rentre bien fort dedans pour accéder plus vite au comptoir. Je réplique assez sèchement que vu sa grossièreté et ses coups de coude, il ne passera pas. Je me fais fusiller du regard. Visiblement, l'habit et l'âge font le moine. En effet, je n'ai pas mis de costume ni de cravate. Je suis pourtant bien habillé, propre sur moi. Je n'ai tout simplement pas ressenti le besoin de me mettre en pingouin (vieille expression polytechnicienne), c'est mon cerveau qui est invité, pas ma garderobe. Et puis, j'ai moins de 55 ans, je n'ai rien à la boutonnière, je ne compte donc pas.

Christophe Carignano avec qui je suis arrivé (les élans nordiques lui ont posé un lièvre polaire un lapin) réussit à appeler Jean-Pascal Picy qui lui confirme qu'il est à la table 82. Donc je suppose que moi aussi... Je l'écrit moi-même sur mon carton parce que le papy à l'accueil ne trouve pas mon nom, et nous passons ensuite un bon quart d'heure à localiser la table 82, très éloignée de la 81.

Avant même que nous ne soyons assis, j'observe ce petit monde agité (il y a quand même mille cinq cent personnes !!!) et fait plusieurs constatations :

  1. être parlementaire donne le droit de bousculer physiquement tout ce qu'il ne l'est pas sans devoir d'excuse,
  2. être parlementaire dispense de bouger même infimement quand on prend toute la place et que quelqu'un qui n'est pas important vous demande poliement pardon pour passer,
  3. il n'y a pas de jeunes... Sauf avec des badges "organisateur", et quelques grands gamins trimbalés par leur parents histoire qu'on les présente et les introduise, il faut bien penser à leur avenir. Je suis stupéfait. J'ai toujours cru que les jeunes étaient indispensables à l'action politique. Leur naïveté profonde et touchante (rappelez-vous du t-shirt Doudou de Balladaur) est un outil indispensable pour les basses tâches, tracts, affiches et pom-pom girls par exemple. Ici, aucun jeune. Dans cette salle, je suis un jeune. Il va falloir que je réfléchisse un peu plus aux implications, mais c'est clair : ce Club ne peut devenir en lui-même un Parti, il a besoin d'un hôte.
  4. je ne peux m'empêcher de penser au tableau de la Cour de Louis XV du téléfilm de France 2 de lundi soir sur la Pompadour. La première leçon est de reconnaître les gens et c'est, dans cette culture cathodique, importantissime. Bon, je suis réfractaire, non je n'ai pas reconnu monsieur le député de Pétaouchnok, que voulez-vous ce n'est pas ma circonscription... Je n'ai pas non plus saisi assez vite la teinte d'humour de la réplique cinglante "ah non lui ce n'est qu'un sénateur". La Cour, je vous dis...
  5. la seconde leçon est sur le paraître, le sourire est de rigueur ; l'attitude songeuse et parfois inquiète utile. On serre des pattes dans tous les coins, ça bise toutes les dames. Mais quand on regarde bien plus attentivement les mouvements de certains dans la salle, on voit avec effarement un marquage de territoire, un peu à l'instar des grands fauves qui pissent pour éloigner les intrus. La limite de déambulation indique clairement l'importance désirée par l'individu. Pour un extra-terrestre dans mon genre, c'est absolument fascinant à observer, j'ai bien mis dix minutes à croire à ce que j'observais.
  6. la troisième leçon est encore plus étonnante : il y a des gens, beaucoup de gens (1500 autres demandes de siège ont été refusées) prêts à payer pour venir écouter Jean-Pierre Raffarin. Cela donne un éclairage sur les finances de la soirée, mais ne répond pas à la question de fond que je me suis posé en milieu de repas "mais d'où vient donc l'argent de Dialogue et Initiative" ?

A la même table que moi, versac, koz, Xavier Moisant (dont j'ai bien reçu le message privé), Natacha et son copain dont le nom m'échappe. Désolé si je choque, mais aucun intérêt. J'ai déjà dit souvent à quel point la "blogomachinsphère" se regarde trop le nombril et se prend trop au sérieux. La blogosphère parle de "barons" et cause des "blogs francophones les plus influents", il faut d'urgence débrancher le cordon et revenir sur Terre. Nous sommes insignifiants et j'espère sincèrement que nous le resterons. La présence à un raout comme celui d'hier soir est clairement le maximum de ce qui nous est possible. Toute aspiration à avoir une influence quelconque est non seulement d'une puérilité extrême mais certainement d'un haut danger. Ah oui, Loïc Le Meur aurait du être là mais ces salauds d'avionneurs l'ont coincé quelque part. Bon. On aura évité des lancers de petits pois à la cuiller entre Carignano et lui :-)

jprDans un brouhaha intense, le secrétaire national du club prend la parole et demande à tout le monde de s'asseoir. Effet zéro absolu. On sent l'homme d'inflluence malgré qu'Axel Poniatowski soit député... Il ressemble comme deux gouttes d'eau à son Michel Poniatowski de père, l'obésité en moins. Le type persiste et met un bon moment à ramener le fond sonore à un niveau suffisant pour lui permettre de lancer son discours introductif. Pof, ça démarre. Et là, je tombe en pleine "twilight zone", avec un discours surréaliste de propagande presque digne d'avril 1981. C'est simple, il y a dans ce pays les républicains et les bolchèviques qui saignent le pays à blanc. S'il s'énerve trop, il va lacher que les russes sont là demain. Je mets alors mon cerveau au mode veilleuse, note seulement qu'il réussit à dire huit fois "banquet républicain" en six minutes, regarde la terrine saumon/poireau de plus près et demande à mon voisin si Ponia s'est shooté aux stéroïdes avant de venir. Nota bene : la nourriture est délicieuse; pas trop sophistiqué, bien présentée, de bon goût.

Il finit enfin par introduire l'orateur suivant, Jean-Pierre Raffarin, qui arrive sur scène sous les applaudissements.

Raffarin commence alors une assez longue, probablement trop longue, dithyrambe de sa propre action. Plus qu'un bilan personnel, un tressage de lauriers. Je suis peu sensible à l'exercice, car je ne m'attache qu'aux chiffres pour évaluer l'action de quelqu'un. Mais il fait ça très bien. J'ai la nette impression qu'on a légèrement monté la puissance du micro entre Ponia et lui pour montrer qu'il a plus de punch dans le discours. Il faut dire qu'il parle mieux, plus clairement, plus lisiblement, et surtout que les paroles sont moins stupides que celles de Poniatowski, cela aide. Je ne vais pas résumer ici tout son discours, cela serait inutile et je ne suis pas journaliste, mais quelques points ont plus retenu mon attention strictement personnelle :

  1. jprprésence de l'URL du blog de JPR en énorme sur la toile derrière lui...
  2. applaudissements nourris quand JPR mentionne qu'il lui a fallu 1/4 d'heure pour metre en place le non-payement des jours de grève dans la fonction publique
  3. sifflets légers quand il mentionne le nom de Bayrou, décidément les cons sont toujours les plus audibles...
  4. appui net et sans bavure à la CFDT, dont décidément la proximité avec l'UMP depuis l'ère Notta ne finit pas de m'étonner
  5. présence un peu étonnante dans l'assistance de Jacques Toubon...
  6. soutien appuyé à Luc Ferry
  7. présence de l'ambassadeur de Grande-Bretagne dans la salle qui m'étonne énormément ; Jean-Pierre Raffarin n'est plus PM, il n'est que sénateur. Que se passe-t-il donc ici pour qu'un partenaire extérieur de la France ait un représentant officiel sur place...
  8. je tique méchamment sur la mention de " l'humanisme religieux des Chrétiens ", à mon avis non seulement erronée mais également déplacée.
  9. après cela, JPR embraye sur un véritable programme présidentiel !
    1. énergies (renouvelable et nucléaire)
    2. traité européen, adhésion des nouveaux pays
    3. droits de succession
    4. impôt sur le revenu
    5. réforme des institutions
    6. parité homme-femme
    7. crèches
    8. etc, tous azimuths !
  10. après la citation par JPR de Freud, Paul Valéry, Sarkozy, Alliot-Marie, JPR remercie en public les blogueurs de leur présence et finit sa phrase par mon nom ! Je suis absolument rouge de honte.
  11. Michèle Alliot-Marie est mentionnée plusieurs fois ; son mari l'est une fois également. Cela ne peut être un hasard.
  12. le nom de Chirac n'est pas mentionné une seule fois. Je ne suis pas sûr que celui de Villepin l'a été ; allez, peut-être une fois.
  13. je manque d'éclater de rire quand une des phrases de Raffarin dit en substance " quand j'avance tu recules ". Je me demande très sérieusement si, à l'instar des journalistes qui aiment à truffer leurs articles de contrepêts, cela n'a pas été fait exprès. Question subsidiaire : combien l'ont entendu ?
  14. un point qui n'a soulevé aucun "oooh" ni "aaah" ni "oui !" du public, c'est la mention de l'obligation de dépasser Le Pen au premier tour. Tiens, tiens... On se rappelle que le candidat Chirac tourne autour de 20% de l'électorat au premier tour et on a peur d'un 21 Avril à l'envers, gauche contre extrême droite...
  15. petit couplet que je n'ai pas raté, Raffarin en remet une petite couche sur la loyauté de Sarkozy. Cela fait suite à ses propos sur l'affaire Ambiel, la loyauté de Sarkozy quand il était à l'Intérieur et ses interrogation sur Villepin au même poste.
  16. mention stupéfiante de l' " UMP d'après ". Après "quoi", cela n'a pas d'importance. Que cela soit la victoire ou la défaîte, l'UMP aura besoin d'une refondation complète. En cas de victoire, Sarkozy n'a personne a mettre à la tête du parti et aura besoin de fédérer une majorité législative. En cas de défaîte, il faudra tout casser. Je rappelle que la scandaleuse réforme du quinquennat a, sauf dissolution ou effondrement entre la présidentielle et les législatives 5 semaines plus tard, supprimé la possibilité de cohabitation.

jprAprès un couplet aux tons allant crescendo, un final sur la Fraaaaaance, l'assistance fonce la tête la première dans le jeu "je serai le premier à me lever en applaudissant et crier bravo". Un gars à deux mètres de moi gagne très haut la main. Le député qui était en face de moi (photo), et qui ponctuait chaque phrase de JPR d'un mot d'acquiescement - parfois vibrant - ou d'un hochement de tête, s'éjecte de sa chaise, se retourne enfin vers l'estrade et applaudit à tout rompre. Le second parlementaire assis à côté de lui - ils ne se sont pas adressés la parole de la soirée ou presque - est terriblement emmerdé d'être extrait de ses rêveries et se lève mollement pour suivre le flot. Quand le premier est arrivé à notre table, il a vu la marque "blogueurs" sur le carton de table et sa pensée immédiate très visible fut "oooooh merde...." :-)

Un peu plus de 45 minutes à fond la caisse, c'est clair, Jean-Pierre Raffarin a retrouvé la forme. Moi par contre, mon genou gauche me fait mal, et j'empoigne donc mon Canon pour faire quelques photos. A noter que la seule personne qui se soit prêtée à la photo avec sourire et un petit signe de tête de remerciement après est Thierry Breton (nota bene : comment reconnaître la presse des invités dans un endroit pareil : la presse n'utilise que des SLR, les autres des compacts ; j'avais donc un look "presse"...). Pendant que je prends Jean-Pascal Picy en photo, il me présente à la personne qui est derrière moi que je ne vois donc pas, Jean-Pierre Raffarin... Contact cordial, agréable même. JPR vous regarde vraiment quand il vous parle, et n'est pas déjà en train de virevolter sur les sujets d'attention suivants. C'est assez rare pour être mentionné. Oh, cela ne forge pas une opinion sur l'homme. Cela dit juste qu'il y a l'air d'avoir un vrai brave type derrière l'homme public, et même si l'homme public a du "tuer" pas mal de monde pour en arriver là, c'est déjà très bien.

Thierry Breton Jacques Toubon Michel Barnier Gilles de Robien Dominique Perben Eric Raoult

Alors que s'est-il passé hier soir dans les salons de l'hôtel Concorde-Lafayette ? Bon, clairement Jean-Pierre Raffarin a très largement dépassé les simples prétentions d'un perchoir confortable de second personnage de l'Etat, à la Présidence du Sénat, en remerciement de ses bons et loyaux services à Matignon. Si j'ai entendu un programme politique et des formules de bon sens pour son camp (union, rassembler, chacun, etc), je n'ai également rien entendu concernant le programme électoral. Je dis bien "électoral"... Soit, il y a une vingtaine de propositions d'action. Mais comment sa majorité va-t-elle gagner l'élection elle-même avant de mettre en oeuvre son programme.

Je note également que si la presse s'est faite l'écho ce matin du "retour" de Jean-Pierre Raffarin (c'est sans rapport, mais décidément Libération continue sa chûte sans fin vers le néant journalistique, son article sur le sujet étant en-dessous de tout), elle ne va pas plus loin que le bout de son nez.

Michèle Alliot-Marie a été beaucoup trop mentionnée, et l'UMP a déjà besoin de se tourner vers le rassemblement chiraquiens+sarkozystes au-delà des dissensions parce qu'il y a une vraie inquiétude concernant le premier tour de la présidentielle. Il y a fort à parier que la popularité grandissante de Bayrou vient mettre des grains de sable particulièrement douloureux dans un engrenage qui jusqu'à présent tournait bien. Je ne serais pas étonné si les RG, dont les "blancs" sont souvent bien plus informatifs que tous les sondages, et auxquels un ancien Premier Ministre a toujours accès d'une manière ou d'une autre, annonçaient un frémissement réel sur la candidature Bayrou, en particulier auprès des cadres intermédiaires citadins. De plus, Ségolène Royal est un repoussoir pour une partie de l'électorat de gauche. Si elle devient la candidate officielle du PS, je ne peux douter qu'il y aura un beau report de voix de gauches sur le seul parti acceptable pour quelqu'un qui d'habitude vote PS, l'UDF de Bayrou... Bref, danger immédiat. Surtout éviter ce que les socialistes ont vécu le 21 avril 2002...

Donc :

  1. Jean-Pierre Raffarin essaye de réaliser en 2006 l'UMP que n'a pas faite Alain Juppé ; Juppé l'a réalisée non comme une Union mais comme une machine de guerre là pour laminer brutalement et surtout définitivement l'UDF, elle en a au contraire assis l'électorat. Il n'est plus possible de retenter le coup de force sur l'UDF, la fraternisation est désormais indispensable ; les Sarkozystes peuvent la réaliser ; les Chiraquiens à mon avis non.
  2. Pour lui, très clairement, seule la candidature de Sarkozy est pour l'instant à même d'approcher une victoire électorale au second tour. En toute logique, il va donc aider le candidat le mieux placé tout en pesant sur lui.
  3. Il faut éviter l'émiettement à tout prix. Je rappelle que Le Pen est parfaitement silencieux depuis des mois, le temps jouant pour lui.
  4. Il faut un ticket. Que cela soit pour Matignon ou pour la présidence de l'UMP (ou les deux), un ticket est pour la première fois nécessaire. Juppé est grillé au niveau national et le restera, les premiers et seconds couteaux sarkozystes sont bien trop conflictuels et surtout arrivistes (combien étaient déjà avec Sarkozy il y a 3 ans ?), et je ne crois pas un seul instant que Chirac puisse se représenter ; s'il le fait, il enterrera l'UMP avec sa défaîte garantie. Attention, il est capable de le faire juste pour barrer la route au "nain"... Car si la gauche gagnait en 2007, je lui fais intimement confiance pour être capable de perdre en 2012. Rien de grave donc.
  5. MAM va donc être poussée en avant, probablement comme candidate à la candidature. Elle se retirera avec les honneurs et les feux de la rampe, et légitimera le ticket. Pourquoi MAM ? Non, franchement, qui d'autre ? Pascal Clément ?-)
  6. Jean-Pierre Raffarin a tué le père. Chirac n'est plus, mais les Chiraquiens sont encore là. Et utiles visiblement, malgré qu'ils ne tiennent presque plus rien. Raffarin risque cependant de devenir une cible à abattre pour le dernier pré carré présidentiel. Il le sait, bien entendu.
  7. Je recommanderais bien à JPR de préparer un parachute doré pour de Robien : sa tête sera très probalement une condition préalable à toute fraternisation, même de façade, avec l'UDF...

Dans tous les cas, Jean-Pierre Raffarin le sait - et surtout il le dit désormais - l'UMP sera explosée. Victoire ou défaîte, la refondation est inévitable. Plutôt donc une machine à gagner que le bordel ambiant. Mais il faut d'abord enterrer le père pour marier les enfants. Reste à savoir si les enfants seront capables de consommer la nuit de noces...

C'était la première fois que je participais à un rassemblement de ce genre. Et je ne m'y sens pas vraiment à mon aise. Il reste que c'était fascinant à observer, à écouter, à défaire également. C'était aussi crevant, et il faudra que je pense à me munir d'une cuirasse à pointes pour éviter de me faire bousculer si jamais je suis de nouveau invité à un évènement similaire. Je n'en suis que plus admiratif pour la performance de Raffarin et de Picy, qui n'ont pas atterri de la soirée.

Post Scriptum : pour répondre à un mail reçu ce matin, non je n'ai pas de photo de moi serrant la pince à Jean-Pierre Raffarin ; il y avait une caméra de télé et un photographe mais je n'ai pas demandé à ce qu'on prenne une photo-souvenir avec mon propre appareil. Cela ne me serait d'ailleurs jamais venu à l'esprit d'emmerder Jean-Pierre Raffarin avec cela.