J'ai lu à propos de la soirée de mardi soir pas mal d'articles qui sont à mon avis tombés pile-poil dans le piège "raffarinade". Un vrai piège, un beau, un grand. Presque un piège à cons. Cela fait maintenant des années que ça dure, et ça marche toujours. Un piège de maître, et ceci est un vrai compliment pour JPR. Tellement de journalistes "politiques" tombent dedans... Certains sont tellement bêtes qu'ils ont réussi à écrire leur papier non sur le vrai fond de l'intervention de Jean-Pierre Raffarin mais uniquement sur les quelques raffarinades qu'il (ou son équipe) y a volontairement placé.

Son discours de mardi était clairement à cinq niveaux, pour cinq types différents d'auditoire :

  1. les raffarinades attendues, pour journalistes et pots de fleurs humains (quel était déjà le dessinateur de BDs qui disait "pour handicapés mentaux et Paul Guth" ?)
  2. la note d'humour à précisément 30 minutes du début du discours, pour réveiller les spectateurs du troisième âge et faire applaudir ceux qui n'écoutent pas du tout
  3. le programme en 20 propositions pour ceux qui auraient la flemme de gratter un peu plus loin ; on dirait un texte dont les mots importants seraient en gras pour faciliter le travail de lecture
  4. un premier message de fond, enfin, à saisir en prenant un mot sur trente et surtout en écoutant attentivement, ce que bien peu ont fait vraiment

Oui, j'ai bien dit cinq. Le cinquième niveau est bien au-delà de ma compréhension personnelle (et je ne suis même pas sûr pour le quatrième), il faut un éclairage de l'intérieur que je n'ai pas. Mais je ne doute pas un seul instant que certaines phrases, certains mots ou certains noms qui m'ont aisément échappé sont très porteurs de sens pour une poignée (voire moins) de destinataires. Le reste est habillage. C'est ça aussi, la politique.