Je viens de passer une petite partie des dernières 24h à réfléchir sur l'arrivée de Ségolène Royal à la candidature PS. Bon, certes, pas toutes les 24h, l'opération des végétations de Michel a pas mal accaparé ma journée de vendredi et la sourde angoisse de l'anesthésie générale a gêné la nuit précédénte. Mais quand même, j'y ai pensé pas mal. J'essayais en fait désespément de dépasser mon commentaire "c'est un foutage de gueule" sans y arriver. C'est comme d'habitude vers les 4 ou 5h du mat que je trouve la réponse, la nuit m'a toujours porté conseil.

En fait, je viens de comprendre pourquoi ce sentiment de malaise est profond, au-delà du fait que je trouve la Royal franchement incompétente pour le poste auquel elle postule : le système de parti est un hold-up de la démocratie. Le système de parti vient d'offrir à quelques centaines de milliers de rien-du-tout le droit de décider à qui des millions de citoyens ont le droit ou pas de donner leur bulletin de vote. Et une écrasante majorité de ces "adhérents PS" n'étaient pas encartés il y a 18 mois et n'ont jamais rien fait au PS que payer leur cotisation par Internet puis voter Ségo. En quoi leur "vote" est-il plus structurant que celui des sympatisants socialistes qui glissent leur bulletin PS dans l'urne de la république ? Quel est le crâne d'oeuf qui a décidé que les "adhérents" doivent avoir plus de poids que les citoyens ? Si encore on s'était limité aux militants, le système resterait lisible. Le système de parti vient de décider qu'un type compétent et somme toute parfaitement à sa place dans cette élection présidentielle, DSK, n'aura pas sa chance. Bon. Soit. Mais il l'a fait en choisissant à sa place un vrai guignol et en clamant haut et fort que cela élève le parti socialiste au rang de parti moderne, ouvert, dé-mo-cra-ti-que on vous dit.

Imagine-t-on des Lycées accepter 35 élèves en classe de MathSpé en leur disant "en avril pour les concours, nous en choisirons un(e) seul(e), les autres pourront rentrer chez eux et lui feront entre deux concours des massages des orteils, des gâteries sexuelles et le/la flatteront bassement en espérant être dans ses faveurs"...

Tout cela n'est pas une superbe avancée démocratique, c'en est la négation pure. Il est bien plus raisonnable de faire ce que tous faisaient avant : le bureau politique restreint du parti, quelques dizaines de personnes tout au plus, désigne son candidat. Les partis sont malheureusement difficiles à éviter, mais il ne faudrait pas, il ne faudrait plus qu'ils vident de sa substance l'élection présidentielle. Du côté de l'UDF, Bayrou sera bien entendu le candidat naturel de son parti, et le simulacre de désignation de l'UMP qui aboutira bien entendu à Nicolas Sarkozy me convient bien puisqu'il y a a belle lurette qu'aucun doute n'est possible.

Il y a quelque temps, le PS m'a horriblement horripilé en imposant le quinquennat, cette saloperie qui viole le fonctionnement de notre Constitution. Aujourd'hui, il me révulse en piétinant le suffrage universel. Il faudrait qu'il s'arrête...

" Le vent gonfle les outres vides, l'outrecuidance les hommes sans jugement. " -- Stobée.