8h56 dans ma voiture, reportage de France Info sur le système de santé suédois. L'envoyé spécial de FI touche à peine les nombreux soucis et ratés de l'organisation pour mettre en exergue la remarquable tenue des comptes, la verticalité de la chose, la quasi-docilité de la population qui permet d'adapter l'organisation aux besoins.

Mais il a également oublié tous les à-côtés de la chose :

  • le Nord du pays est de façon critique sous-équipé en hopitaux, cliniques, matériels type IRM, scanner et compagnie
  • Le "triage" opéré par la médecine primaire (les généralistes) et la médecine hospitalière tient compte de l'âge. Clairement, pour une opération de la main à 75 ans, vous êtes moins prioritaire que la même opération pour un gars de 35. Même si vous êtes arrivés à l'hosto en même temps. Bilan : un mois d'attente à 35 ans, huit à 75 ; mais en attendant, la personne de 75 aura perdu 50% de la motricité de sa main, de façon irréversible...
  • la médecine hospitalière est, à des rares exceptions près, dans un état catastrophique. Oh, ça, les locaux sont beaux, propres, les gens polis, mais la qualité des soins est très très mauvaise. Et le personnel est poli et gentil, mais totalement jmenfoutiste. Les bons partent en Norvège, gagner plus d'argent. Ou au Sud de l'Europe ou en Angleterre. Le système suédois, dans lequel médecine et pharmacies (si, si), sont services d'Etat a étouffé la médecine libérale. On crève dans les hopitaux suédois, comme en Grande-Bretagne, et ce n'est pas une exagération, j'en ai déjà parlé ici.
  • la médecine est à coup fixe extrêmement bas. Mais les remboursements des prescriptions sont TRES TRES bas. Même pour des choses de base et indispensables à un traitement, les remboursements sont extrêmement faibles.

Au final, le tableau n'est pas beau, mais alors pas beau du tout. J'imagine que France Info n'a pris exemple ici sur la Suède qu'à cause de la maîtrise des coûts et des références permanentes de Ségolène Royal à la Suède. Il faudrait que France Info arrête de faire de la propagande pour revenir à du journalisme, tout de même...

Ah, et puis un détail, quand on est un journaliste sérieux et fier de son métier, on évite de lire le nom de la ville de Skellefteå en "squélèfti" comme si le å était un a et que cela se prononçait à l'anglaise nom de Zeus ! Cela se lit un peu comme "chélèftéo" et ce n'est tout de même pas hors de la portée d'un reporter de demander à un indigène la prononciation correcte pour éviter de passer pour un sombre crétin dans son reportage...