Je n'arrive pas mais alors pas du tout à me dire que je dois voter Ségolène Royal au second tour de cette élection. Je suis bien emmerdé. Ségolène Royal m'emmerde. Elle a bashé d'un grand coup de mandale Rocard lors de son appel à l'union au centre, et aujourd'hui elle suit sa recommandation sans en tirer la moindre conclusion d'autocritique. Le livre d'Eric Besson m'a sérieusement secoué et, comme ce quidam interviewé par France 2 hier matin, je crois fermement que le PS n'a pas choisi le bon candidat. Maria écoutait l'appel au centre de Ségolène Royal hier soir durant le journal de France 2 et a fini par lacher "quel blabla, elle n'a rien dit" ; en bonne observatrice, étrangère non votante et originaire d'un pays socio-démocrate, de la scène politique franchouillarde, elle juge la candidate socialiste nullissime.

D'un autre côté, certaines options politiques de Nicolas Sarkozy me gênent aux entournures mais je n'arrive pas non plus à me persuader que, comme je l'ai tant entendu dans la bouche des candidats à moins de 5% depuis dimanche soir, ce type est je cite "dangereux". L'homme n'est pas dangereux. Ses options politiques peuvent être aux antipodes du social étatisé que la gauche de la gauche souhaite, mais l'homme est un républicain d'abord. Et le contrepoids de la rue tout d'abord, de l'UDF ensuite sera là quoiqu'il arrive. Rappelon-nous qu'à deux millions de personnes dans la rue, même un Juppé droit dans ses bottes est obligé de composer. Un homme dangereux, c'est un homme qui utilise la démocratie pour tuer la démocratie. Pas le porteur d'un projet politique même si celui-ci dérange. Encore une fois, je n'aime pas Sarkozy, mais je vais sérieusement me demander si son élection n'est pas désormais absolument nécessaire à la refondation de la gauche en général et du PS en particulier. Le Parti Socialiste n'existe plus, et sa candidate Ségolène Royal n'existe pas. Rien que la photo de famille sur l'estrade de dimanche soir avec Royal devant et Dray, Lang et Bianco me fout les jetons. Constat dramatique...