Le gouvernement a donc tranché. Dans le vif. Non seulement je ne suis pas étonné, mais je ne suis même pas déçu. C'est conforme à ce que j'ai toujours dit, le Logiciel libre ne mérite pas de L majuscule à "libre". Le Logiciel libre, c'est d'abord du Logiciel, et je ne vois pas au nom de quoi un gouvernement introduirait une distortion de concurrence en faisant émerger directement des concurrents aux produits commerciaux et propriétaires. Cela me semble une assez mauvaise voir une très mauvaise manière de faire émerger l'innovation. Et oui, je ne suis pas un pur et dur sur ce sujet, et comme la plupart des visiteurs de ce blog le savent, je n'aime pas l'idée du libre viral ou l'idéologie kibbutznik qui voudrait que le Logiciel doit être entièrement libre, toujours.

A mon sens, favoriser le Logiciel libre doit passer par d'autres biais :

  1. former sérieusement les étudiants en informatique à la création d'entreprise ou à la recherche de sponsors ; trop d'étudiants finissent leurs études sans même savoir rédiger un CV ou sans avoir jamais vu un business case
    • dans cette optique, je pense que le mentorat doit être repensé ; il faut que les mentors proposés aux étudiants proviennent non seulement du milieu académique (comme c'est trop souvent le cas) mais également de toutes les couches de l'industrie du logiciel ; quel étudiant sait en fin d'études ce qu'est un Build Engineer ?
  2. continuer les actions fiscales en faveur de l'innovation en général,
  3. pousser plus loin en favorisant les investissements privés dans les sociétés en création dont le code des produits seraient libres, par exemple en réduisant les taxes sur les plus-values réalisées en cas de succès, cette réduction étant disons la contrepartie à la publication de son innovation ; condition sine qua non, les produits peuvent être libres, mais la société doit rester une véritable entreprise, centrée sur la création de valeur et donc également de retour sur investissement,
  4. inciter les universités et grandes écoles à proposer des projets de fin d'étude avec une forte orientation de valorisation et/ou création d'entreprise.

De toute manière, j'ai toujours considéré la Fnill (qui s'appelait à l'origine ASS2L, nom minablement choisi que j'ai toujours lu Ass Hole ; quand on fait dans le logiciel, et que donc on travaille en anglais toute la journée, on évite de donner un nom à son organisation qui commence par "ass"...) comme non représentative de mon métier de cinglé. Je considère également sa présidence comme totalement non représentative et je ne me reconnais absolument pas dans cette soit-disant fédération. Disruptive Innovations n'en est donc pas membre.