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La question qui tue

A moins que McCain nous joue le coup de Lazare qui se relève et marche, Obama sera le premier président noir des USA. Bon. Chirac dirait que ça lui en touche une sans bouger l'autre. Mais tout de même. Après trois premiers ministres d'origine juive (Blum, Mendes-France et Fabius), au moins deux d'origine protestante (Rocard et Jospin) combien de temps faudra-t-il pour avoir ici en France un président non pas issu d'une minorité (je DETESTE ce mot) mais tout simplement par exemple Guadeloupéen ou Réunionnais et pas blanc ? Je prends les paris. Un siècle ? Deux ? Eh ! Vive la France patrie de droits de l'homme hein ?

Comments

1. On Tuesday 14 October 2008, 23:36 by Cedesguin

Soit. Mais pour ma part je n'en tirerais pas argument pour déclarer que le pays où Troy Davis aura probablement été exécuté sans preuve à l'heure où j'écris ceci, est en avance sur celui où il serait toujours en vie s'il avait eu la chance d'y naître.

2. On Wednesday 15 October 2008, 02:00 by teupoui

Je ne pense pas que ce soit un problème de rejet des "minorités" ou d'un volonté de respecter une certaine norme (un blanc quoi) mais tout simplement de faits simples:

1) Pour être président il faut avoir des relations de longue date, être connu du public et avoir fait ses preuves pour un minimum de tâches (ministre, député ou sénateur, ou encore maire, etc…) donc on devient rarement président avant 60 ans, 50 ans minimum. Donc un réunionnais président se sera probablement lancé dans la politique et aura fait l'ENA ou autre il y a 30 ans.

2) Il faut aussi un certain charisme, être le leader de son parti et s'imposer face à ses adversaires. Il faut donc une grande confiance en soi et l'assurance que ses différences ne seront pas perçues comme un inconvénient mais bien comme un avantage. Un guadeloupéen ou un réunionais talentueux il y a 30 ou 40 ans aura probablement choisi une autre voie que la politique, étant donné les débouchés moins prometteurs à l'époque pour un non-blanc. Il faudra donc selon moi attendre un peu, non pas par manque de gens "colorés" investis en politiques ou par racisme, mais parce qu'il faudra du temps à nos jeunes issus de "minorités" pour atteindre un stade de présidentiable.

A mon avis les Etats-Unis ont vu leur racisme anti blacks baisser beaucoup, ce qui permet aujourd'hui la candidature d'Obama, mais il leur faudra du temps avant que des latinos, ou "pire", des arabes n'arrivent à ce stade…

(Je précise que je suis ironique sur tous les termes potentiellement racistes, au cas où quelqu'un n'aurait pas saisi et se sente choqué.)

Sinon quand tu parles de "non-blanc" en citant les réunionais ou les guadeloupéens, je pense qu'il faut se rappeler deux choses: d'une part, il s'agit d'une faible proportion de la population, il est donc logique que nous ayant aussi peu d'hommes politiques originaires de ces DOM-TOM… D'autre part, les élèves des DOM-TOM ont souvent une idée erronée de leurs capacités, et sont persuadés que les cours qui leur sont offerts par exemple sont moins biens que sur le continent. Il en résulte un découragement massif des jeunes, qui sont persuadés qu'ils n'ont pas les mêmes chances que les continentaux.

C'est évidemment faux, mais malheureusement ça a un effet néfaste sur le moral global, et je pense que nous aurions plus d'hommes politiques moins stéréotypés (homme, blanc, cinquantaine, etc…) si nous luttions contre cette démoralisation des habitants des DOM-TOM.

Enfin, je pense qu'il y a pas mal de non-blancs en France issus des DOM-TOM, mais aussi de l'immigration (récente ou parfois assez ancienne) et je pense que nous avons aussi des chances d'avoir un jour un homme politique en position forte issu de l'immigration plus ou moins récente, venant par exemple d'afrique.

3. On Wednesday 15 October 2008, 07:19 by Gabriel K.

Bizarre, il y a 40 ans (50?) Miles Davis était heureux en France car là au moins on le regardait comme une personne et pas un noir.
La tolérance aurait-elle changé de camp? Si c'était simplement un changement dans l'équilibre?
Peut-être les français sont-ils en partie moins tolérants, et les américains en partie plus.

Mais ne pas oublier malgré tout, que les personnes les plus populaires en France sont Zidane et Noah (deux sportifs? Ou un noir et un arabe?) Que le journal de 20h de tf1 est présenté par un noir et deux femmes. Peut-être aussi que les exigences de tolérance et d'intégration sont plus aigues parce qu'elles sont plus fortes et parce que ces gens des minorités(le sont-elles tant que cela?) que l'on dit "visibles" demandent plus de choses, des postes plus élevés.
La vache c'est compliqué tout ça!!

4. On Wednesday 15 October 2008, 09:54 by Samuel Tardieu

Il faudrait que les partis osent présenter quelqu'un de coloré. Cela viendra probablement des partis minoritaires, qui ont moins à perdre, et qui osaient avant les autres « nominer » une femme.

Chapeau au parti radical de gauche qui, en 2002, a présenté Christiane Taubira, députée guyanaise, à l'élection présidentielle.

5. On Wednesday 15 October 2008, 10:16 by pierre

Il est possible que nous ayons déjà dans le pays un bronzé aussi doué qu'Obama mais il nous faudra peut-être attendre d'avoir un président aussi con que Bush pour lui permettre de percer. Inconsciemment, le rejet des "Stupid White Men" est un des facteurs qui a permis sa candidature.

6. On Wednesday 15 October 2008, 11:06 by marc

Faudrait déjà avoir un candidat à proposer !
Là comme ça ... j'en vois aucun.
Dur de voter pour l'homme invisible.

7. On Wednesday 15 October 2008, 12:30 by LBP

Il est aussi significatif que tout le monde insiste sur la caractéristique "noire" de Mr Obama, alors qu'il est métis, donc quelque part en grande partie blanc. On voit bien que le déterminisme social est beaucoup plus pesant que tout le reste, Obama est membre de de la classe moyenne, il est beaucoup plus proche des blancs que de la majorité de la population noire défavorisée, dans son niveau de vie, son éducation et son parcours. Le fait d'élire un président bronzé est une rupture d'image pas une rupture culturelle pour la classe politique américaine.

8. On Wednesday 15 October 2008, 12:33 by Eric

En même temps je m'en fois moi justement que le président soit noir, juif, islamique, beurre ou guadeloupéen. Je n'attends pas la chose parce que justement, ça m'indiffère. Pour moi voter parce qu'il appartient à une minorité me semble aussi nocif que voter son opposant parce qu'il est blanc.

Mais surtout, est-ce vraiment illogique que les président n'appartiennent que rarement à une minorité ? Le président étant élu au suffrage /majoritaire/ il est logique qu'il appartienne à une majorité justement.
Quand ce ne sera plus le cas, c'est que soit tout le monde s'en fout de cette caractéristique (donc à la limite plus personne ne la reconnait comme "minorité" parce que l'intégration est complète) soit que la minorité n'est plus minoritaire du tout.

C'est d'ailleurs les deux cas qui arrivent aux USA : les gens de couleurs sont de moins en moins mis de côté, et commencent à ne plus être une minorité du tout.

9. On Wednesday 15 October 2008, 20:54 by LSZ

Vous êtes bien pessimiste. Rappelons qu'il y a déjà eu un guyannais noir president du senat (Monerville), virtuellement president de la République par intérim en mai 68 lorsque De Gaulle part à Baden Baden, et un réunionnais blanc premier ministre (Barre)...

10. On Friday 17 October 2008, 01:51 by VinZ

Oui, il s'en est fallu d'un an pour que Monnerville soit président par intérim (charge qui est revenue à Poher) : il a été président du Sénat de 1959 à 1968.

11. On Friday 17 October 2008, 12:43 by Guillaume

Quand verrons-nous ca http://www.ethnicmajority.com/congr... a l'assemblee nationale ? C'est par la que ca doit commencer.