Ah les belles bachantes. Ah la bonne bouille sympathique, la belle élocution, le beau discours très crédible à la "mais venez donc voir ici comment ça se passe". Le député Jacques Remiller est doué pour causer dans l'Ether. Très doué même, je le reconnais. Opposé dans un court débat à l'également très douée Présidente de la Confédération des vendeurs du Bricolage (nom approxiamtif du machin, tout le monde aura compris de quoi il s'agit), il a fait face très correctement. Jusqu'à un certain point en tous cas.

En fait très précisément jusqu'au point où il a évoqué sa rencontre avec l'archevèque de Lyon et tenu des propos en copier/coller total de l'Eglise Catholique de France. Cela a continué jusqu'au moment où il a donné, je cite ici très précisément ses propos, le chiffre de 64% des Français qui seraient contre l'ouverture dominicale des commerces. Une parenthèse. Un moment d'égarement volontaire durant lequel il fallait bien qu'il fasse passer un des vrais messages pour lesquels il était venu causer dans le poste. On l'aura donc bien compris : travailler ou magasiner le dimanche au lieu de venir se cailler à l'Eglise à écouter un mec non marié, qui ne baise pas et ne sait pas vraiment ce qu'est gagner sa croute parler de Ce Qu'Est La Vie, le Primat des Gaules est CONTRE. Employé d'Ikea, sois attentif, l'excommunication te guette, même si tu t'appelles Faroukh et que le dimanche ne représente pas pour toi le Jour du Seigneur.

Outre le fait que je dénie totalement et définitivement aux mitrés le droit de gèrer ma vie d'athée, Jacques Romiller manie les chiffres avec, comment dire, un certain doigté... Si, si. Parce que réussir à retourner 66% de Français pour l'ouverture dominicale des commerces en 64% contre dans un débat radiophonique, ça vaut largement les erreurs sur le nombre de sous-marins nucléaires de la campagne présidentielle.

Donc encore bravo à Jacques Remiller, notre heureux gagnant devant Nicolas Sarkozy qui a souvent réussi a sortir des chiffres fantaisistes dans sa courte carrière mais qui se limite en général à exagérer le trait, pas à renverser complètement la vapeur comme notre sympatique gagnant moustachu.