License globale
By glazou on Tuesday 10 March 2009, 20:42 - Franchouillardises - Permalink
L'UFC-Que Choisir vient d'allumer HADOPI mais se prononce également en faveur de la license globale, appliquée à tous les détenteurs d'un accès Internet en France :
La proposition de l'UFC-Que Choisir, c'est de mettre en place une licence globale, sous forme d'une participation mensuelle de deux à sept euros en plus du forfait d'accès à internet.
Je paye déjà une taxe absolument exorbitante sur les CDs et DVDs que j'utilise pour des backups et la gravure de mes images d'Operating Systems, ce qui est un scandale en soi. Et même avec cette taxe sur tous les media enregistrables, sur tous les MP3 et sur tous les disques durs, les éditeurs de musique ne s'en sortent pas. Ah. Juste une question con, ont-ils pensé à baisser le prix du CD ? Parce que le CD à 25 euros pour de la daube, plus personne ne peut.
Je suis donc totalement opposé àla license globale. Je ne télécharge pas de musique illégale sur mon accès personnel chez moi et j'ai autre chose à fou*** que pirater de la musique depuis mon bureau sur la connexion professionnelle. Il est hors de question que je paye une taxe de plus pour alimenter l'incompétence de la SACEM et de ses ayants-droit.
Il est utile parfois, souvent même, de rappeler Desproges : "ayons une minute de silence pour nos amis des arts et du spectacle qui n'ont aucun travail sous prétexte qu'ils n'ont aucun talent". Et paf.

Comments
Licence, pas license.
Pas d'accord, une licence globale permettrait au plus grand nombre d'accéder à un énorme catalogue de produits culturels - auxquels ils n'ont pour l'instant pas accès, essentiellement faute de moyens - parfaitement légalement.
En ce sens, l'ensemble des citoyens subventionnerait la garantie d'accès aux produits culturels de l'ensemble de la population, de façon solidaire. Je trouve cette idée très belle, et pas du tout irréaliste, y compris économiquemebnt parlant (sauf si Luc Besson ne tolère pas de gagner moins d'un million d'euro par an, mais là on peut plus fraire grand chose si on continue à accepter pareilles débilités).
Arrêtons de se cacher derrière le mot "culture". Ecouter de la musique, c'est avant tout du divertissement. Je ne conçois pas que ce soit une mission du service public pour laquelle il est bon que l'ensemble de la population cotise.
Par contre je n'ai rien contre une licence globale optionnelle (tu payes si tu veux, mais si tu ne payes pas tu n'as pas les droits associés), ce qui revient juste à une forme d'abonnement légal.
Ce qui me gêne c'est que ça revient à ... la copie privée, qu'on a déjà et qu'on paye déjà comme le signale très bien Daniel. Ils nous l'ont restreint au fur et à mesure pour finalement nous la remettre sous une autre forme avec une cotisation supplémentaire ?
La musique, c'est de la culture, au même titre qu'une expo Doisneau, un film de Besson (même naze) ou une représentation de l'Avare (au hasard, hein).
Ne t'en déplaise.
La license globale, je ne sais pas quoi en penser. Finalement, ça devient une sorte d'impôt sur internet, non ?
Si, par exemple, elle est fixée aujourd'hui à 3€ par mois, puis qu'elle augmente dans un ou 2 ou 5 ans, comment cela sera-t-il justifié ?
Par ailleurs, la taxe, on la paie sur les supports vierges, piratage ou pas. La licence globale remplacerait-elle celle sur les supports vierges ou viendrait-elle s'y additionner ?
Bref, une idée à creuser.
(Quoiqu'il en soit, ça reste toujours moins crétin que le projet de loi HADOPI)
@Eric D. : culture et divertissement, la frontière est mince... Le divertissement, c'est ce qui fait plaisir, et la culture, c'est ce qui est chiant, c'est ça ?
Quant à l'histoire de mission de service public, pour la télé, c'est le cas en revanche (pusqu'on paie pour ça)
Donc là, j'en déduis que les programmes pitoyables que je subis sur les chaînes nationales sont de la culture... et non du divertissement. Y'a comme un truc qui cloche.
La frontière est mince,et j'avoue ne pas savoir où la placer exactement (certainement pas sur le côté sympa/chiant ni même si le côté bon/mauvais). J'en suis conscient. Mais je trouve que parler d'industrie musicale ou d'industrie du divertissement numérique me semble plus correct (parce que que ça rentre dans "culture" ou pas, ça reste du divertissement aussi quand même).
Si je devais détailler, je dirai que la culture représente aussi et surtout la collectivité et ce qui est partagé comme manière d'être, comme valeur ou comme histoire par cette communauté. Je serai d'accord pour mettre la marseillaise dans notre culture, ainsi que la plupart des comptines, voir les chansons "que tout le monde connait" (celles qui durent, pas le hit à la mode) ou plus généralement toutes celles qui ont un sens vis à vis de la société, de son histoire, de son mode de vie.
En ce sens une oeuvre ancienne est forcément plus apte à constituer la culture de notre société, même si ce n'est pas le seul critère ou un critère indispensable.
La Joconde fait partie de notre culture française et européenne, de la même manière qu'un film ayant été un moteur principal de notre société ou ayant frappé notre collectivité. Cela couvre sans aucun doute la musique aussi pour de nombreuses oeuvres. Par contre pouvoir écouter le dernier album à la mode, pouvoir regarder le dernier film à la mode, ou pouvoir contempler la dernière peinture de tel ou tel artiste cela relève d'une autre problématique.
La culture étant une affaire de société, je m'attends à ce qu'on puisse faire des musées, des bibliothèques, des représentations publiques, ou des aides/subventions pour dynamiser la création. Par contre le financement de ton écoute privée dans ton coin de tel album qui te fait plaisir, je classe ça dans le divertissement, pas dans la "culture". Et quel que soit le classement, je ne vois en tout cas pas pourquoi cet usage serait pris en charge par la collectivité.
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Pour le service public TV pour moi ça relève d'un tout autre objectif, et quel que soit le niveau ou l'intelligence du contenu, le fait qu'il soit présent apporte beaucoup de garanties au citoyen, même pour celui qui ne regarde pas la TV. Mais c'est un tout autre débat, qui n'a probablement rien à faire ici.
Daniel va commencer à nous trouver gonflants. Pardon, Daniel.
Un documentaire, c'est du divertissement, ou de la culture ? Un bon roman, culture ou divertissement ? Une belle photo de Cartier-Bresson ? Guernica, c'est quoi ? Le dernier Eastwood, le dernier Lioret, "Welcome", c'est QUOI pour toi ?
Et si certains se réalisent en écoutant de la musique, y compris populaire, si ça les fait réfléchir, voire les fait rêver, pourquoi ne pas subventionner ça ?
Je suis prêt à prendre le risque de financer toutes ces opportunités uniques dans l'histoire des civilisations. Pas toi ?
(Daniel, n'hésites pas à nous arrêter le cas échéant)
Pour la première question, oui, le dernier Eastwood pour moi c'est clairement du divertissement. Peut être qu'il deviendra, ou pas, une constituante de notre culture. Pour l'instant, il est plus une création faite par notre culture qu'une création qui constitue notre culture.
Je me rend bien compte qu'on est loin d'un critère objectif utilisable pour une quelconque loi mais puisque tu poses la question, je me permet de répondre en mon âme et conscience.
Si ça fait rêver, réfléchir ...oui, pourquoi pas, mais dans ce cas on finit par tout considérer comme pertinent pour un financement public, et très fort par tourner au communisme (et il n'y a aucun reflet négatif quand je donne ce terme) et je ne crois pas que ce soit là que la France souhaite se diriger.
Le fait que ce soit unique dans l'histoire des civilisations (ce qui reste sérieusement à vérifier considérant le principe des états communistes, mais j'avoue mal connaitre ces points) n'est *pas* un argument pour moi. Faire quelque chose d'unique n'est pas un des objectifs que doit se fixer le législateur.
Ma question est plutot sur est-ce souhaitable ou juste.
S'il s'agit de favoriser la création alors je n'ai rien contre le principe de subvention, mais ça n'implique pas un financement quasi complet (ce que risquerait de donner la licence globale car logiquement on ne paiera pas pour ce qu'on a ailleurs gratuitement) ni une licence globale. D'ailleurs le financement de la création artistique, la France est tout de même déjà très en avance sur le reste du monde. Au point d'avoir quelques financements contestables d'ailleurs.
S'il s'agit de favoriser la diffusion de la culture, augmentons les médiathèques, encourageons les collectivités locales à financer des représentations publiques, diminuons la durée du droit d'auteur et des droits voisins (durée actuellement disproportionnée, surtout sur les droits voisins).
Il y a plein de choses à faire. Par contre faire financer le divertissement par un service public, ça me pose beaucoup de problèmes (y compris des problèmes pour l'appliquer au niveau de la répartition, mais pas uniquement) et surtout ça ne me parait pas nécessaire.
Maintenant le point où je serai d'accord avec toi, c'est que je ne suis pas sûr que l'alternative qu'on nous prépare à chaque loi sur la question soit forcément meilleure que la licence globale. J'espère juste qu'on puisse trouver un terrain intermédiaire (ou au moins que la "licence globale" soit un simple forfait optionnel encadré par la loi et pas un service public financé par la collectivité dans son ensemble).