Depuis le début des débats sur HADOPI, j'ai une impression de déjà vu. Je l'ai mentionné à deux interlocuteurs ministériels (si, si, j'ai des copains dans au moins 3 cabinets de ce gouvernement) aujourd'hui : rappelez-vous le million de gamins dans les rues de Paris pour défendre les radios libres. On se dirige vers la même chose à grand pas.

La plupart des lecteurs de ce blog sont probablement trop jeunes pour se souvenir de l'état du paysage audiovisuel français en 1980. On s'emmerdait, mais on s'emmerdait... Et la joie de la jeunesse lors de la libéralisation des radios en 1981...

La majorité d'aujourd'hui, l'UMP pour ne pas la nommer, est confite dans un archaïsme sur l'Internet qui est digne des Ministère de l'Information pompidolien et giscardien, de la main-mise de l'Etat sur l'ORTF et les radios officielles. La droite de cette époque avait totalement raté le virage des aspirations de la société française. L'UMP aujourd'hui ne fait pas mieux. Elle s'attache à des modèles sociétaux et économiques obsolètes. La "nouvelle économie" n'existe pas, cette fiction des années 1995-2000. C'était une bulle spéculative, point. Mais la nouvelle société existe bien, et le Web a révolutionné notre communication, notre information, notre éducation, nos Etats, bref nos sociétés. Quant à l'économie, HADOPI n'est là que pour maintenir des écosystèmes économiques sur le déclin.

On peut prendre le train en marche et foncer avec lui. Ou avoir à nouveau peur que les passagers du train s'asphyxient à cause de la vitesse, comme au début des premiers trains de passagers. La majorité parlementaire se classe clairement dans la seconde catégorie. J'espère pour la société française qu'elle se classera clairement dans la première.