Un commentateur sur mon billet précédent m'a laissé un lien vers http://parti-pirate.fr/. Je ne pense pas que ce site, et le groupe informel qui est derrière, soit la solution. Je vous livre ce qui suit en vrac, c'est écrit au fil de l'eau, sans relecture, entre le bain et le dîner des enfants. Merci d'éviter le trollage dans les commentaires.

  • une organisation informelle et donc quasi-invisible de la presse n'a aucune - je répète - aucune chance de pouvoir peser longuement et tous azimuths ; elle peut agir ponctuellement, sur un projet précis, mais pas plus. Une vraie structure est nécessaire. Je considère qu'une association 1901 simple ne suffit plus, vu l'autisme en la matière des autorités françaises successives.
  • je n'aime pas mais alors pas du tout le nom de "pirate". Je suis un geek, pas un bandit maritime...
  • un parti geek ne doit être ni de gauche ni de droite, il doit être geek. Il doit peser sur la vie politique hexagonale pour éviter tout ce qui est contreproductif dans les propositions technologiques du gouvernement. Un parti geek doit être force de proposition, avec des idées novatrices, constructives. Un parti geek ne peut exister QU'en étant un vrai parti, c'est-à-dire en présentant des candidats à des élections, quelque soit le résultat.
  • il n'y a pas besoin d'avoir des pages noires, avec des images donnant l'impression que Sarkozy fait un salut fasciste. Il n'y a pas beson d'écrire "Edvige Salope" pour agir. Pourquoi pas un tux en alpha-transparence pendant qu'on y est.
  • un parti geek ne doit pas être là que pour lutter pour HADOPI ou LOPSI. Il doit aussi faire percoler la technologie numérique dans la société. Il doit aider à créer de la valeur. J'ai toujours dit que la création de logiciel est une des très rares activités industrielles qui ne demande presque rien pour être démarrée : une table, une chaise, une bécane et la connectivité ; bref des clopinettes. Autant en profiter. Il faut lutter contre la taxe sur la copie privée. Il faut lutter contre la taxe sur les disques durs et mémoires, contre les ventes liées matériel-OS. Il faut travailler et dénoncer les flicages et contrôles, amener les opérateurs télécoms à changer leur pratiques, faire évoluer les usages, protéger les citoyens. Il faut favoriser l'open-source et le libre. Il faut arrêter de baser l'informatique nationale sur les services et non sur l'innovation. J'en passe et des meilleures.

Je suis de plus en plus persuadé que ce "parti" quelque soit son nom devient absolument nécessaire. On vient d'accorder aux restaurateurs et bars une baisse de la TVA de 19.6% à 5.5% pratiquement sans aucune contrepartie sérieuse, et sans engagement de baisse des prix sur l'ensemble de leurs cartes, parce qu'ils sont très structurés, ont des activités de lobby efficaces, pèsent politiquement. Bref, on vient de leur faire cadeau de 14.1% de TVA sur le dos des citoyens (et qu'on ne me dise pas qu'ils vont embaucher en masse, je poufferais). Les geeks, qui sont probablement les seuls capables de réellement s'alarmer en face d'HADOPI ou LOPSI ou de comprendre que nos législations anti-technologies pèsent de plus en plus sur la création de valeur numérique en France, doivent monter au créneau pour tous ceux qui ne le peuvent pas parce qu'ils n'ont pas les compétences techniques pour comprendre les enjeux. Le nom de "parti geek" me plait parce qu'il est parfaitement adapté. je l'ai déjà écrit dans ce blog, chez les geeks, on marche à la confiance réciproque. Si seulement le reste du monde marchait comme ça aussi...