S'il est un point qu'on a joyeusement oublié de signaler, c'est que la baisse de la TVA sur la restauration (pour laquelle le gouvernement a même pondu un site Web entier !!!) implique une hausse des dépenses pour les entreprises... Prenons le cas, au hasard, d'un glazou en déplacement professionnel à Sophia-Antipolis (toujours au hasard) pour par exemple une réunion du W3C (hasard, évidemment). En gros, il va y dépenser quelques 250 euros TTC en frais de bouche parce que les CSS ça ne nourrit pas trop son homme hein. Dépense effective pour l'entreprise du glazou en question avant le 1er juillet : 209,03€ HT. Dépense pour l'entreprise après le 1er juillet si les prix ne baissent pas : 236,97€ HT (je simplifie puisque les boissons alcoolisées restent à 19.6%, quel foutoir...). Soit une augmentation strictement arithmétique de ce poste de 13,37% par modification des déclarations de TVA... Bref, on se fait enfler comme jamais.

Donc au cas où vous l'auriez raté, l'Etat perd de la TVA sur les bistros et restaurateurs mais en gagne sur toutes les entreprises clientes des dits-bistros et restaurateurs si tous les prix ne baissent pas. Je serais curieux d'avoir les perspectives précises du Ministère du Budget en la matière...

Et encore, Disruptive Innovations, c'est petit... Mais une boîte qui a un poste élevé en notes de frais va le sentir passer assez sèchement.

Reprenons la FAQ du site gouvernemental :

La restauration traditionnelle s’engage à répercuter intégralement la baisse de la TVA sur au moins 7 des 10 produits suivants, soit une baisse de prix de 11,8 % :
– Une entrée
– Un plat chaud (viande ou poisson)
– Un plat du jour
– Un dessert
– Un menu entrée-plat
– Un menu plat-dessert
– Un menu enfant
– Un jus de fruit ou soda
– Une eau minérale
– Le café, thé ou infusion.

Les cafetiers et limonadiers s’engagent à répercuter intégralement la baisse de la TVA sur le prix du café, du thé et d’une boisson fraîche (au comptoir ou en salle).

C'est déjà raté. Bien raté. Je n'ai pas noté une seule baisse de prix dans les quelques bistros que je fréquente, même et surtout sur le café, ce breuvage ne demandant qu'un peu de poudre et de flotte et qui fait une marge phénoménale.