Je continue à suivre - en fond sonore grâce à la retransmission en direct de l'Assemblée Nationale - les débats sur "Hadopi2" depuis le début de la semaine. Le constat est simple : on nage en plein délire. Ce projet est un TRES grand n'importe quoi. Jugez donc :

  • il est contraire à un alinea fondamental du code de la consommation et il a fallu explicitement insérer le fait que cet alinea ne s'applique pas ici
  • les outils dit "de sécurisation" sont dans un flou total
  • les entreprises restent responsables et risquent la coupure
  • la technique sous-jacente est d'une telle approximation qu'on va couper la connectivité mais on doit préserver l'accès au mail (et donc au webmail) mais la coupure va poser des soucis de différence entre zone dégroupée et non dégroupée ; je souhaite bien du plaisir aux FAI.
  • le financement n'est pas prévu, contrairement aux propos péremptoires du rapporteur Riester
  • l'adresse IP n'est pas une preuve (jurisprudence récente Guingamp)

Tout cela rappelle fâcheusement la nullité de DADVSI. C'est mort et enterré. On va faire caguer quelques lampistes. Parmi ceux-ci, certains vont attaquer et gagner, et tout cela va passer aux oubliettes (et aux poubelles) de l'histoire parlementaire française.

Franchement, très franchement, j'ai honte. Mais quelle honte... Quel gachis, quel scandale.

Nathalie Kosciusko-Morizet, où êtes-vous donc pour au moins éviter au gouvernement de commettre des impairs techniques majeurs et se fourvoyer dans une direction contre-productive pour la France ?