Et bien voilà c'est fait. Zelnik, Toubon et Cerutti ont remis leur "rapport". Je viens de le lire et bon, c'est clairement une catastrophe. Voici mes commentaires :

Introduction

    Le rapport précise que la musique "a été la première touchée du fait de la facilité à dupliquer, reproduire, indexer et distribuer un fichier musical à peu de frais. Elle est ainsi devenue gratuite de fait pour les consommateurs". C'est un raccourci un peu approximatif. La principale responsabilité est celle des éditeurs et vendeurs de musique : tout d'abord ils n'ont absolument pas anticipé la dématérialisation des oeuvres et tentent de se raccrocher à un modèle économique moribond uniquement parce qu'ils n'ont pas préparé le futur (le présent d'aujourd'hui). Ensuite le coût du disque est quand même pour beaucoup dans la tentation du piratage; le CD est trop cher, bien trop cher. Enfin, les DRMs et autres mécanismes de protection ont emmerdé les consommateurs au point de les détourner des achats de CD. Quand j'ai acheté un CD de Daho qui ne pouvait pas être lu dans mon autoradio, pas dans mon PC, dont une piste n'était pas lue par mon lecteur DVD de salon, j'ai décidé d'arrêter d'acheter - sauf exception - des CD parce que j'ai considéré que l'industrie du disque se payait ma fiole.

    L'industrie cinématographique ey audiovisuelle n'est pas comme il est dit dans une situation moins critique. Elle est dans une excellente situation, la fréquentation des cinémas n'ayant jamais été aussi forte malgré un prix désormais hallucinant de la place de cinéma (10€ en général).
    Le rapport a par contre parfaitement raison de signaler dès son introduction que le Livre va subir le même sort. Seuls des hurluberlus dans mon genre préfèreront toujours tourner des pages en papier - quelque soit le prix - que devoir charger la batterie d'un kindle.

Section 1.1, la carte "Musique en ligne"

    Je suis scandalisé. Cette carte serait donc sponsorisée par l'Etat et les éditeurs de musique en ligne. BREF, j'aurais, moi le citoyen, a payer pour les téléchargements légaux d'autrui, et cela au seul bénéfice des éditeurs de musique. Après le cadeau fait aux cafetiers, c'est un scandale inouï, une honte, une proposition totalemet incroyable. De plus, je ne crois pas du tout que cela marchera. Le seul système qui pourrait marcher est celui qui réduira drastiquement le coût de la musique en ligne en supprimant les intermédiaires et en permettant directement aux auteurs/compositeurs/interprêtes de vendre leurs oeuvres sans passer par les maisons de disque. Le modèle économique de ces dernières est de toute manière moribond, et pas moins que ne l'était la sidérurgie en France il y a 20 ans. Il faut penser différemment.

Section 1.2

    Là nous sommes d'accord. Cela reprend à mots feutrés ce que je disais plus haut.

Section 2.1

    Je suis assez d'accord avec ça.

Section 2.2

    Non, c'est clairement stupide. Ce n'est pas la plateforme qui doit être unique mais le format des livres électroniques. Il faut assurer l'interopérabilité des livres électroniques, quelque soit le vendeur et le périphérique de restitution. Il faut ici une norme, pas une plateforme unique.

Section 2.3

    Rappelons qu'il ne doit pas y avoir beaucoup d'oeuvres modernes qui ne soient pas rédigées sur ordinateur depuis dix ans. Toutes celles-ci sont donc numérisables à peu de frais. Ensuite je ne vois pas pourquoi l'Etat doit s'investir dans cette mission de numérisation. Les détenteurs de droits qui ne prendront pas le virage du numérique seront balayés par le temps et il faut laisser le temps, et la concurrence, agir.

Section 3.1

    Parce que Zelnik croit que passer le délai entre sortie en salle et sortie en VoD de 36 à 10 mois va réellement changer la donne quand un film est disponible en chargement illégal dans les 24 heures suivant sa sortie en DVD aux USA ?

Section 3.4

    Sans autre commentaire que décidément notre inventivité fiscale est un record mondial.

Section 4.1

    L'effort préconisé, jugé "pas démesuré" (sic), s'ajoute il faut le rappeler aux 70 à 100 millions d'euros qui devront être dépensés pour se conformer à la Loi dite Hadopi. Cela confine au délire.

Section 4.2

    Nom de Zeus...

Bon. Et c'est un "rapport", ça ? Décidément, la France continue à merder consciencieusement quand elle parle de musique ou video en ligne. Voila voila.