<Glazblog/>

Usual suspects

Comme d'hab, dès qu'on fait l'annonce qu'on va vendre quelques chose, les fanas se déchainent. Les commentaires chez Tristan étant désormais fermés (latence de 3 jours), je vais répondre ici :

@Laurentj:
«et quand est ce que les intégristes du libre comprendront qu'on ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraîche, en particulier quand on développe un logiciel libre ?» Ce genre de stéréotype ne fait que décrédibiliser ton discours.

Ah. Au contraire, je trouve qu'il prouve que @laurentj réfléchit assez profondément et est capable de dissocier ses préférences personnelles (le libre, clairement) de la réalité de la vie.

«qu'une société en france n'a pas le droit d'accepter des dons pour financer un projet ?»
Ce type d'affirmation nécessite une source. De plus un don se transforme très facilement en achat du point de vue légal.

La source est mon expert-comptable qui a interrogé directement la direction départementale des impôts des Yvelines. Cela suffira comme source ?

«Et puis bon, concernant le modèle économique des logiciels propriétaires, si ça n'était pas viable, ça se saurait.»
Ça ne l'est pas et ça se sait, par exemple les protections anti-copies (DRM) posent beaucoup de problèmes et n'en règlent aucun, et surtout pas celui de la rémunération des créateurs.

Quel rapport entre les DRM et les logiciels proprios ??? Uuuuh ? Quant aux DRMs, je ne connais pas encore de console de jeux libre entrant même un micro-pouième en concurrence avec un Wii ou DS propriétaire. J'espère que vous ne mettrez pas en cause la qualité de leur modèle économique.

«Par contre, la viabilité d'un modèle économique d'un projet open source, si c'était vraiment viable et lucratif, ça se saurait aussi.»
Ça l'est et ça se sait, par exemple Red Hat se porte bien.

Un RedHat, deux mille Disruptive Innovations. Cherchez des meilleurs exemples...

Ne vendez pas des copies, vendez des services.

Je crois que mon entreprise - ou le projet Jelix de @laurentj justement - est un exemple frappant que ce modèle-là est très très TRES loin d'être évident... Il est même carrément hasardeux.

Comments

1. On Wednesday 7 April 2010, 13:27 by Donk

Et pourquoi ne pas vendre du libre en ne fournissant les sources qu'aux personnes qui ont achetées le logiciel?

2. On Wednesday 7 April 2010, 14:00 by JulienW

@Donk> parce que les personnes qui l'ont achetées peuvent alors le redistribuer gratuitement. Ça n'a pas tellement de sens, sauf si ça a un réel intérêt de l'acheter plutôt que le télécharger (genre avoir le CD d'une distribution Linux).

Ce qui a un sens, c'est de produire un logiciel sous une double licence GPL (ou Affero GPL dans le cas d'un logiciel web) et propriétaire. C'est le cas pour MySQL, QT, eXoPlatform...

Mais pour BlueGriffon je n'y crois pas trop, et j'ai l'impression que le modèle choisi est bien le meilleur, tout en conservant un esprit libre. Et c'est bien là l'important : Daniel pense qu'il est nécessaire pour l'écosystème web que son logiciel soit disponible gratuitement.

(Note: contrairement au client twitter réalisé précédemment).

3. On Wednesday 7 April 2010, 14:12 by Squal38

N'est-ce pas un peu le modèle de Komodo ?

4. On Wednesday 7 April 2010, 14:45 by Cédric

Perso, je ne peux que vous soutenir, j'attends depuis longtemps et avec impatience l'avancée de BlueGriffon, et je sais que je n'aurais aucun souci à payer pour des extensions, malgré le fait d'être linuxien.

Bon courage à vous, et merci pour votre engagement.

5. On Wednesday 7 April 2010, 16:11 by Jacques

J'approuve ce que vous faites, mais voici quand même d'autres examples de modèles économiques open-source :
Automattic/WordPress, Boxee, Vyatta, *Mozilla* !

6. On Wednesday 7 April 2010, 17:16 by Donk

@JulienW> Ce n'est pas parce que le logiciel est propriétaire qu'il ne sera pas redistribué gratuitement, même si c'est interdit.
;-)

7. On Wednesday 7 April 2010, 21:46 by eric

Continue comme ça. Le libre c'est pas seulement le gratuit.
@Donk: jira fonctionne comme ça. tu payes, tu peux télécharger les sources. Mais t'as pas le droit (j'avoue j'ai pas regardé en détail la license sur ce point) de les redistribuer.

Les vocalises des libristes intégristes, m'obligent à te dire que je suis libriste aussi et pas choqué par ton approche, du tout (je n'aurais jamais pris la peine de faire un commentaire aussi insipide si ce n'était pour eux).

La création de valeur, c'est ce qui, globalement permet au monde d'être un peu meilleur à chaque fois. Dans un création de valeur brute, le créateur reçoit sa part, et l'acheteur également (fity fifty).

Mais on peut aussi créer de la valeur par mutualisation ( en organisant un marché, un partageant des charges, en permettant la spécialisation etc.). LE libre est une formidable façon de créer de la valeur par mutualisation:

la communauté bénéficie du tronc commmun libre, et y contribue, DI réduit ses coûts de développement de cette partie grace à la communauté, et se concentre sur sa partie "métier".

Eclipse, apache ...

8. On Wednesday 7 April 2010, 22:44 by Changaco

«Comme d'hab, dès qu'on fait l'annonce qu'on va vendre quelques chose, les fanas se déchainent.»
Non, c'est le fait de vendre des copies de logiciels propriétaires qui nous gêne, pas de vendre quelque chose en général.

«Ah. Au contraire, je trouve qu'il prouve que @laurentj réfléchit assez profondément et est capable de dissocier ses préférences personnelles (le libre, clairement) de la réalité de la vie.»
Le libre n'est pas une préférence (comme peut l'être une couleur), c'est un principe basé sur la liberté et l'égalité.

«La source est mon expert-comptable qui a interrogé directement la direction départementale des impôts des Yvelines. Cela suffira comme source ?»
Non c'est pas terrible, mais en admettant que ce soit vrai j'ai déjà répondu au problème, il suffit de donner quelque chose en échange pour que ce soit considéré comme un achat.

«Quel rapport entre les DRM et les logiciels proprios ??? Uuuuh ?»
Les DRM sont liés au propriétaire, en effet une création libre n'a pas besoin d'être protégée contre la copie puisque celle-ci est autorisée …

«Quant aux DRMs, je ne connais pas encore de console de jeux libre entrant même un micro-pouième en concurrence avec un Wii ou DS propriétaire.»
Qu'est-ce que les consoles de jeux viennent faire là-dedans ? Et pourquoi parles-tu de biens matériels alors qu'on parlait d'immatériel ?

«J'espère que vous ne mettrez pas en cause la qualité de leur modèle économique.»
La notion de qualité est subjective, si on juge sur la rentabilité économique c'est sûr qu'il se porte bien pour le moment, par contre si on juge sur l'éthique …

«Je crois que mon entreprise - ou le projet Jelix de @laurentj justement - est un exemple frappant que ce modèle-là est très très TRES loin d'être évident... Il est même carrément hasardeux.»
Là je ne peux pas répondre étant donné que je ne sais pas de quoi tu parles.

9. On Wednesday 7 April 2010, 23:24 by Changaco

«jira fonctionne comme ça. tu payes, tu peux télécharger les sources. Mais t'as pas le droit (j'avoue j'ai pas regardé en détail la license sur ce point) de les redistribuer.»
Donc ce n'est pas un logiciel libre.

«Les vocalises des libristes intégristes, m'obligent à te dire que je suis libriste aussi et pas choqué par ton approche, du tout (je n'aurais jamais pris la peine de faire un commentaire aussi insipide si ce n'était pour eux).»
C'est ça, quand une opinion dérange il suffit de la classer dans l'intégrisme, l'utopisme, etc.

«La création de valeur, c'est ce qui, globalement permet au monde d'être un peu meilleur à chaque fois. Dans un création de valeur brute, le créateur reçoit sa part, et l'acheteur également (fity fifty).»
Ce qui est économiquement rentable ( création de «valeur» comme tu dis ) n'est pas forcément bon pour l'humanité.

10. On Thursday 8 April 2010, 00:10 by Daniel Glazman

@changaco: "Ce qui est économiquement rentable ( création de «valeur» comme tu dis ) n'est pas forcément bon pour l'humanité." En attendant, faut que je bouffe et en période de crise. Quand j'aurais gagné au loto ou fait fortune, je ferai plein d'éthique tout propre rien que pour vous faire plaisir. En attendant, oui, vous êtes un intégriste du libre, ne vous en déplaise.

11. On Thursday 8 April 2010, 00:32 by Nicolas

C'est en effet le noeud du problème: (sans viser personne en particulier) c'est facile de faire de la grande philosophie et du gratuit quand on est payé par l'état ou par une autre boite.
Quand ce n'est pas le cas, il faut vendre.
Si quelqu'un a une autre solution, personnellement je suis preneur et je pense que je ne suis pas le seul.

12. On Thursday 8 April 2010, 10:11 by Arnaud

Sinon, il est où le problème ?

Qui empêche qui que ce soit ici de développer des extensions gratuites ?

"C'est ça, quand une opinion dérange il suffit de la classer dans l'intégrisme, l'utopisme, etc."

Mais quand cette opinion ne supporte aucune contestation, on ne tombe pas dans l'intégrisme justement ?
Poster X commentaires sans avancer d'un chouïa son mode de pensée, ça n'en fait pas partie ?

13. On Thursday 8 April 2010, 17:09 by Changaco

En relisant l'article sur le blog de Tristan je me rends compte qu'il y a un passage important que je n'ai pas commenté :
«Quand AOL a fermé Netscape et que mes camarades de débauche Tristan et Peter se sont lancés dans l'aventure Mozilla Europe, j'ai préféré créer ma propre société Disruptive Innovations pour continuer mon travail sur l'éditeur»
Pourquoi avoir fait ce choix à l'époque ?
Si BlueGriffon était financé par Mozilla on ne serait pas en train de parler de tout ça.

@Nicolas:
À noter que je n'ai pas dit qu'il ne fallait rien vendre, j'ai dit que vendre des copies de logiciels propriétaires est contraire aux principes de liberté et d'égalité. Le fait que ce ne soit «que» des extensions ne change rien au problème.

@Daniel Glazman:
«En attendant, faut que je bouffe et en période de crise.»
Qui a dit le contraire ? Ce que je dis c'est que je ne vois pas en quoi le modèle économique de la vente d'extensions propriétaires serait sûr. Par exemple si la communauté développe les mêmes en libre que ferez-vous ? La course aux fonctionnalités ?

«En attendant, oui, vous êtes un intégriste du libre, ne vous en déplaise.»
Je t'invite à lire la définition du mot «intégriste», tu te rendras compte que ça n'a pas grand chose à voir avec ce dont on parle, sauf si tu considères le libre comme une religion.

@Arnaud:
«Mais quand cette opinion ne supporte aucune contestation, on ne tombe pas dans l'intégrisme justement ?»
Je pense que c'est plutôt le fait de refuser le débat ( ce qui n'est pas le cas ici ) qui relève de l'enferment.

«Poster X commentaires sans avancer d'un chouïa son mode de pensée, ça n'en fait pas partie ?»
Il y a une différence entre être ouvert et être une girouette, je ne vais pas changer d'avis au moindre message qui affirme qu'il n'y a pas d'autre solution que de faire du propriétaire, surtout quand il n'est pas expliqué quels autres modèles ont été envisagés et pourquoi ils n'ont pas été retenus.

<Note_de_Daniel> A ce point, crevé par le jetlag, une crève monumentale et mon retour tardif de Paris hier soir, ce commentateur me les broute menu-menu. Ses arguments sont tellement nuls ("Si BlueGriffon était financé par Mozilla on ne serait pas en train de parler de tout ça" et si ma tante en avait...) que j'en ai franchement ras-le-bol d'offrir une tribune à cette personne ; je ferme donc les commentaires sur cet article mais je laisse sa prose, elle fera date... </Note_de_Daniel>