Soyons clairs, Internet déclenche des périodes de délires chez nos parlementaires et dirigeants. Il faut dire aussi que les apéros Facebook ont de quoi leur foutre la pétoche... Si deux gamins sont capables en quelques heures de rameuter 5000 personnes pour un sit-in amical, qu'est-ce que ce sera le jour où ce sera pour une manifestation anti-gouvernementale sur un sujet touchant plus particulièrement la jeunesse. On l'a bien vu lors des manifs spontanées suite au hoax sur les vacances scolaires.

Jean-Louis Masson, sénateur UMP (non, sans blague ?) de Moselle, ne demande rien de moi que la fin de l'anonymat sur le Web et l'obligation de signer de sa vraie identité et pas d'un pseudo. Autant je suis d'accord philosophiquement avec lui car les pseudos me gonflent et qu'il faut avoir le courage de ses opinions (je constate à l"instant que ce blog cite mon pseudo depuis des lustres, c'est une erreur et je vais de ce pas mettre mon nom en signature), autant je suis farouchement contre sa proposition d'un point de vue social, politique et certainement légal. On peut signer l'article d'un journal ou un livre d'un pseudonyme, on peut même rester presque totalement anonyme. Je me souviens de ce bouquin écrit par un membre de la Curie Romaine sous pseudonyme, et son nom n'a jamais été divulgué. Ou des bouquins genre "Crime à l'Elysée". Ou Jean-François Kahn signant des éditos de Marianne sous pseudonyme. Pourquoi diable le Web échapperait-il à la règle ?

Non, décidément, l'UMP gère les dossiers liés à l'Internet vraiment n'importe comment. Si la justice ne donne pas suite aux plaintes pour diffamation parce qu'elle a la flemme de chercher qui se cache derrière un pseudo, c'est la justice qu'il faut débugger, pas l'Internet.