N'en déplaise à Christine Lagarde que j'entendais ce matin sur France Info, le remaniement n'a pas créé un gouvernement "totalement révolutionnaire". Tout au plus une machine que l'on espère en ordre de bataille pour les échéances de 2012. Sarkozy a finalement été obligé de conserver Fillon et c'est donc le Premier Ministre qui s'est imposé au Président, une figure rare sous la Vème République me semble-t-il. Tellement rare qu'il a fallu que Sarkozy n'annonce le renouvellement de Fillon que le dimanche matin pour, je cite, "montrer que le Château garde la main dans cette affaire".

Le soldat Woerth a été sacrifié. He's not worth it any more. Pour ceux qui n'ont pas encore fait le rapprochement, il retourne donc à l'Assemblée Nationale muni d'une immunité parlementaire.

Borloo est retourné au néant d'où il était invraisemblable qu'il sorte. Vous vous rappelez du Grand Blond avec une Chaussure Noire ? "Approchez, dites, le Borloo, c'est qui, hein, c'est qui ?", "Hmmm. Un piège à cons, monsieur...". Repos, vous pouvez sourire niaisement et mourir pendant que Jean Rochefort se marre.

Kouchner est déjà en train d'appeler ses copains à l'ONU pour se recaser, Lagarde a eu la tête d'Estrosi qui retourne à ses salades niçoises, Juppé va pouvoir dire que non seulement les bottes sont droites mais en plus elles claquent. Xavier Bertrand fait une nouvelle fois la preuve que la Loi de Dilbert est aussi importante que la Loi de Peter : les incompétents doivent être mutés là où ils font le moins de dégât, c'est-à-dire au management... Sa reprise de la Santé me fout une trouille bleue. MAM fait décidément un parcours rare sous la Vème, c'est son 4ème très grand Ministère, et elle est clairement désormais la première des 1er-ministrables pour 2012. Faut juste que Sarkozy rempile, ce qui va nécessiter quelques forceps à mon avis.

Vu de ma petite lorgnette d'entrepreneur du numérique, il faut quand même constater que j'ai vécu des jours meilleurs... Du côté des PME, le ministre de tutelle est désormais Frédéric Lefebvre. Je crains très très fort que cela ne se passe très mal avec les PME, vraiment très très mal. Si Lefebvre croit qu'il va pouvoir débiter ses âneries à des patrons de boîte comme il l'a fait pendant des mois aux journalistes, il se fout le doigt dans l'œil jusqu'au coude.

Du côté du Numérique, c'est le retour d'Éric Besson qui déjà du temps de son Secrétariat d'État était plus occupé par la Prospective que par le Numérique. Maintenant que son maroquin s'est étoffé, je crains que le temps et l'énergie dévolus à l'économie numérique se réduisent à la portion congrue. Attention, je ne critique pas, cela me semble normal. On n'a laissé le nom que pour ne pas braquer les geeks, l'Internet c'est pas contrôlable hein, mais bon clairement le Ministre va avoir autre chose sur son radar... Le fait que le Secrétariat d'État n'existe plus est lui parfaitement normal. Le gouvernement voulait faire resserré et le Secrétariat d'État n'a jamais eu de budget digne de ce nom. Il reste de toute manière attaché à quelques nouvelles positives et surtout l'échec inouï du silence retentissant du Secrétariat d'État sur cette daube innommable et ce scandale qu'est l'Hadopi. Requiescat in Pace. J'ai tenté d'amener à ce Secrétariat d'État une bonne idée, pas chère, à gros retour rapide et créateur de valeur. Cela n'a pas dépassé un conseiller avec une réponse du genre "Oulala oulala mais c'est très compliqué vounypensezpas !".

Bon. Mediocritas, mediocritas...