En décembre 1999, la neige se mit à très fortement tomber un après-midi de semaine. Travaillant alors sur le campus de la R&D d'EDF à Clamart, il m'a fallu ce jour-là environ 1h15 juste pour sortir du campus et me rendre compte que toutes les routes - en forte pente descendante - vers Paris étaient impraticables. J'ai alors tant bien que mal garé ma voiture, oh à bien 600 mètres de la sortie du campus d'EDF et je suis parti à pied, et parfois sur les fesses tellement rester debout était dangereux, vers le RER. J'ai atteint mon domicile en trois heures et trente minutes et je m'estimais heureux. Les voitures et camions étaient déjà dans la mouise du côté du péage de Saint-Arnoult sur l'A10. Mais quand la nuit est tombée, la neige s'est transformée en glace et verglas et l'A10 est devenue rien de moins qu'une gigantesque patinoire. Les camionneurs et automobilistes ont passé toute la nuit coincés, naufragés de la route, dans l'impossibilité d'avancer même d'un mètre. Dès le lendemain, on a bien entendu analysé, re-analysé, juré qu'on allait prendre des mesures, et tout ça.

Nous sommes 11 ans plus tard. Strictement rien n'a changé. Le trafic a été bloqué précisément aux mêmes endroits qu'en 1999. Les conditions météo sont exactement les mêmes, il va geler cette nuit et ça risque d'être le chaos - et le froid - pour ceux qui sont encore sur la route.

Cette impression très nette de déjà vu me gêne un peu beaucoup.