Je dois avouer deux sentiments assez différents à la lecture du Rapport sur le Conseil National du Numérique rédigé par PKM...

Le premier, c'est la circonspection. Des Comités machin et théodule, nous en avons vu passer tellement que je ne suis plus très sensible à l'exercice, malheureusement. Malgré la très bonne qualité rédactionnelle de PKM et des choix clairs sur la représentativité et les missions, je ne donne plus de chèque en blanc et je ne paye jamais pour voir.

Le second, et c'est plus grave, c'est la consternation à la lecture de la page 5. Y sont mentionnés les "acteurs provenant de toute la chaîne construisant le numérique". Et dans cette liste, franchement dédiée au commerce électronique, ont été oubliés des acteurs MAJEURS de la chaîne : les éditeurs de logiciels. Comment est-ce possible ? Quelle image du Numérique a-t-on en France et quelle image veut-on donner ?

J'ai parfaitement conscience d'être un original en France pour mon domaine d'activité. Je ne suis pas un boutiquier, je ne suis pas un dot-comer. Je suis un techos, un vrai, un pur, un dur. Un mec qui a fait le choix de ne pas s'expatrier en Californie pour son métier alors que tout m'y serait plus aisé. Je suis donc sidéré que l'on oublie dans un rapport qui cite "une dimension économique forte" le SEUL domaine industriel qui ne nécessite pour se lancer qu'une table, une chaise, une bécane, la connectivité et bien entendu un cerveau. Si on excepte le cerveau, on peut donc prototyper du logiciel pour moins de 1000 €. Que l'on me cite un seul autre secteur industriel de cet ordre ! L'oubli est donc une faute. Grave.

Le Logiciel a le potentiel de lancement de centaines voire de milliers d'entreprises de haute technicité en France pour peu qu'on se soucie un peu plus de lui, dans une optique PME et pas Grands Équipementiers. Et donc quand en période de crise on n'accorde pas d'intérêt à une solution créatrice d'emplois, de valeurs et de balance commerciale à court terme, le seul mot qui me vienne à l'esprit est "consternation".