Je suis sidéré par la controverse sur les propos d'Eva Joly. De A à Z, tout déconne. Tout d'abord, je pense qu'Eva Joly ne mesure pas la popularité du défilé militaire du 14 Juillet dans la population. Je dis bien l'ensemble de la population. Je ne parle pas des écolos, des bobos parisiens, des intellos qui composent son "parti". Il ne s'agit nullement ici d'être militariste ou antimilitariste. Personnellement, je ne supporte pas le Tour de France ; mais la fin du Tour de France serait une catastrophe pour la majorité des français et génèrerait même un séïsme politique pour le malheureux pouvoir en place à qui cela arriverait. Le défile militaire du 14 juillet, c'est un peu pareil. Oser proposer sa suppression relève d'une distance avec le peuple frisant l'incompétence crasse pour l'élection à laquelle Eva Joly va se présenter. C'est heureux ou malheureux, mais c'est comme ça.

La réponse de Fillon a été encore plus mauvaise. Voire honteuse, choquante, minable. Clairement pas à son niveau. Il aurait suffit qu'il relève ce que je viens de dire plus haut pour qu'il sorte du débat avec hauteur. Au contraire, sa diatribe sur la bi-nationalité d'Eva Joly ou ses origines étrangères est une honte. Est-ce qu'on se demande si Carla Bruni-Sarkozy, française depuis 4 ans, à le niveau pour tenir le rôle de première dame de France ? Demandera-t-on un jour aux enfants de François Fillon, bi-nationaux franco-anglais, s'ils sont assez français pour suivre la voie de leur père dans les affaires publiques ? Demande-t-on à Manuel Valls, naturalisé français, s'il est un député plus français que les autres ? Ou si la famille de Sarkozy est française depuis assez longtemps pour sa fonction ? Tout cela a des relents de caniveau. C'est minable, bas et c'est surtout stupide alors que Fillon et son camp avaient un boulevard pour déconsidérer Eva Joly sur la seule base de sa proposition au lieu de profiter de son accent scandinave pas ratable (en tous cas pour moi), qui reste assez voire très fort.

La réponse à la réponse d'Eva Joly n'est pas la meilleure du monde... Elle aurait pu parler de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, ou Jean-François Copelovici, français récents. Elle aurait pu dire qu'elle passé plus de vie d'adulte en France que le président de la république lui-même qui n'a que 56 ans. Dommage.

Toute cette affaire ne me sidère pas par la connerie des propos tenus. Elle me sidère par la connerie du niveau de la proposition, la connerie de la réponse, la nullité de la réponse à la réponse. Tout cela est très, très, mais alors très mauvais.

Gro, må du endre din kommunikasjon...