J'ai beaucoup de respect pour Gisèle Halimi. En général, je veux dire. Aujourd'hui, moins, nettement moins. Je viens de lire le dernier "point de vue" qu'elle a commis dans le Monde et les bras m'en tombent devant tant de haîne et de sexisme, au risque de paraître réac (moi ?!?) ou macho (warf...). Reprenons les faits, rien que les faits :

  1. DSK s'est foutu dans la merde tout seul, c'est très clair. C'est son addiction au sexe qui l'a mis dans sa situation actuelle, et rien d'autre. Je rappelle que l'addiction au sexe n'est pas illégale. Sa situation légale est la suivante : le procureur Cyrus Vance Jr. s'est déclaré dans l'incapacité totale de démontrer qu'il avait commis un crime dans la suite du Sofitel. DSK ne nie pas l'acte sexuel, il nie la violence et le crime.
  2. Nafissatou Diallo s'est foutue dans la merde toute seule, c'est très clair aussi. On pourrait parfaitement comprendre qu'elle n'ait pas les idées nettes dans les heures ou jours qui ont suivi les faits. Mais qu'elle et son avocat servent trois versions différentes au procureur en deux mois au point que le dit-procureur ne la juge plus fiable, elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Je ne crois pas une seule seconde que Cyrus Vance aurait abandonné les poursuites si la victime présumée avait été un tant soit peu crédible. Elle ne l'était visiblement pas. Rappelons également qu'elle a déjà menti une fois sur un viol lors de son entrée aux USA. La "dignité de la victime présumée" a donc bien été écornée par elle-même, et je ne serai pas étonné si à l'avenir on apprend qu'elle est poursuivie aux USA.
  3. Personne, y compris Gisèle Halimi, ne peut donc affirmer péremptoirement aujourd'hui que DSK est, je cite sa prose, "un prédateur présumé". On peut tout juste dire, avec le respect du à la présomption d'innocence, que DSK a été soupçonné d'agression sexuelle violente et viol et que la procédure judiciaire de New York n'a pas été en mesure de démontrer les faits. L'accusation fait partie de la vie normale d'un état de droit, l'avocate Gisèle Halimi devrait le savoir mieux que quiconque. L'accusation ne prouve rien. C'est l'investigation qui le fait. Et dans le cas présent, l'investigation a conduit à douter des charges et à les abandonner. Rien ni personne ne peut à ce jour dire plus. On verra à l'avenir.

Que l'on ne se méprenne pas, je ne suis pas en train de défendre DSK. Je suis en train de villipender Gisèle Halimi dont l'article me semble entaché de raccourcis catastrophiques, en particulier pour une avocate. Sa prose est haîneuse, on dirait un vieux discours MLF contre les "couillus". "La source du dommage" comme elle le dit elle-même est si loin d'être avérée que Maître Halimi ferait mieux de tourner son clavier sept fois avant d'écrire.