All your data are belong to us, again
By glazou on Tuesday 20 March 2012, 22:23 - Computing - Permalink
Si ce sont principalement les hommes qui achètent nos produits, nous avons constaté que rapidement leurs épouses utilisent également notre balance connectée. (...) Certains même postent sur twitter leurs résultats.
Nous avons constaté qu'une première série de cent balances avait un souci de décharge de la batterie, nous avons pu identifier le souci à distance et mettre à jour notre parc à distance immédiatement.
Ma réaction immédiate a été "Uuuuh mais comment le sait-il ?"... J'ai été loin d'être le seul à avoir cette réaction.
La réponse est simple : la balance est connectée en WiFi et transmet ses données à Withings qui les rend accessibles à l'usager via le Web ou des apps pour iPhone et Android. Et Withings utilise ces données de l'usager bien au-delà de ce qui me semble acceptable :
- les profils usagers sont consultés, data-minés, agrégés, scrutés ; chaque usager de la balance doit d'abord entrer des données personnelles sur sa taille, son sexe, etc pour permettre aux applis web / mobile de calculer les indices de masse corporelle et autre données indispensables à tout geek ou geekette en surpoids. Withings dispose de tout et s'en sert.
- les données de fonctionnement (horaire, standby, usage, etc.) sont également transmises ; que la charge de la batterie de la balance soit fournie à Withings me laisse pantois.
Leur balance est cool. Très cool. Bien pensée. Simple et belle. Une vraie réflexion côté UX. Une réussite.
Et aussi une intrusion et une exploitation impressionnantes, assumées en public devant le grand amphi de l'Unesco, dans les données des usagers. Durant cette journée du Forum Netexplo, on a parlé souvent de Big Brother et de Big Data. Avec la balance connectée de Withings, on y était. En plein dedans.
J'ai vu cette balance connectée récemment dans une boutique ou à l'Apple Store, je ne sais plus. Elle me plaisait vraiment beaucoup.
Finalement, très peu pour moi.


Comments
Dire qu'il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça se vende pas !
Nintendo doit disposer d'autant de données avec WiiFit et sa "Balance Board"... mais rien côté le data mining, qui n'est peut-être pas dans le culture... pour le moment.
Dans le cas de la WiiFit, on a le choix de laisser la console déconnectée du réseau.
Le progres c'est pas bien !
Le plus important c'est que l'utilisateur soit informé. Après tout, il y aura bientôt 1 milliard de personnes qui racontent leur vie sur Facebook, ça fait quand même un sacré potentiel de gens qui seront d'accord pour "partager" leur utilisation de la balance et leurs infos.
A côté de cette utilisation discutable des infos personnelles, je trouve sympa la fonctionnalité de surveillance de charge de la batterie ou de quoique ce soit d'autre de technique dans le produit, pour améliorer la conception dans le futur par exemple.
Mais personnellement ma plus grande interrogation concerne l'énergie: d'un côté on dit qu'il faut l'économiser, etc, etc... et d'un autre côté on crée de plus en plus d'objets fonctionnant à l'électricité... On n'arrête pas le progrès, dans tous les sens du terme...
@Nicolas
A propos d'énergie, enfin pétrole dans ce cas, une tribune "appel aux candidats" parue hier dans sur lemonde.fr :
http://tribune-pic-petrolier.org/
Et au sujet des données personnelles, de fait il y a un vrai besoin (pour les données clés en particulier genre login/passwrds etc), pour que les choses fonctionnent "sans friction"(leitmotiv Mark Zuckerberg), mais par contre ce qu'il manque n'est ce pas plutôt un nouveau rôle à ce sujet et séparation des rôles ? Car il est clair que toute les approches uniquement défensives autour de ça n'ont à mon avis aucune chance de fonctionner, un peu plus développé ci dessous :
http://iiscn.wordpress.com/2011/06/...
De manière intéressante, je n'ai trouvé aucun système de suivi d'indicateurs de santé (sommeil, poids, tension) combinant une "app" avec du matériel (capteurs) qui ne n'envoie pas les données à un serveur central.
Maintenant il suffit qu'une grosse assurance de santé (qui sont déjà propriétaires de cliniques, etc.), rachète le fournisseur et hop, une jolie base de données...