J'aime bien ma chère khâmarade NKM. Si, si, sérieusement. Bon, je ne suis pas toujours d'accord avec elle, mais il y a chez elle à la fois un animal politique et un animal totalement non-politique et ce mélange des genres est parfois très sympathique. Mais pas toujours. Aujourd'hui par exemple, elle vient de nous pondre un communiqué de presse « Mesures d’urgence pour la qualité de l’air à Paris » qui fait très Sarkozy-pondant-une-loi-après-chaque-évènement-quotidien...

NKM propose donc deux mesures d'urgence pour lutter contre la dégradation, cette semaine, de la qualité de l'air à Paris. Bon, certes, Paris est polluée mais m'enfin on n'est pas à Pekin ou Shangai hein... Commentons donc ces deux mesures :

  • Cesser immédiatement toute acquisition de nouveaux véhicules diesel, et limiter au maximum l‘utilisation des véhicules diesel par la mairie

    Voui, voui. Bon. Combien de véhicules dans Paris par jour, combien de la mairie et services municipaux. Sur ces véhicules municipaux, combien de neufs répondant aux dernières normes environnementales, combien de vieux et sales. Comment va être financée l'augmentation de la valeur du parc si on passe progressivement à l'électrique. Quels sont les soucis liés à l'autonomie des véhicules électriques. Dans le cas de véhicules au gaz, à l'essence ou hybrides, quel est le surcoût lié au changement de carburant. Comment tout cela sera-t-il financé. Et surtout comment cette « mesure d'urgence » espère-t-elle une seule seconde impacter sérieusement « en urgence » la qualité de l'air parisienne ?

  • Mettre en œuvre une ZAPA (zone d'action prioritaire pour l'air), à laquelle se refuse l’exécutif, pour interdire l’entrée dans Paris aux poids lourds et aux cars de tourisme les plus polluants

    Pourquoi pas... Mais quel est l'impact projeté sur le commerce, les livraisons, l'industrie ? Quel est l'impact sur le tourisme et où propose-t-on de garer ou faire patienter les cars de tourisme interdits dans Paris intra-muros ? Quelle est la banlieue défavorisée qui va accepter les particules fines dont les bobos parisiens ne veulent plus ? Comment va-t-on transporter les touristes concernés entre les portes de Paris et leurs destinations ? Et leurs bagages ? Quel sera l'impact, la surcharge, sur les transports en commun ? Les stations concernées sont-elles adaptées au passage de centaines de touristes armés de grosses valises ? Quel est l'impact d'image sur notre ville ?

Bon, tout cela m'a l'air de participer d'une maladie bien connue, la cystite du communiqué de presse. Étoffées, étudiées, détaillées, planifiées, ces mesurettes feraient peut-être un peu de sens. Mais en l'état, c'est surtout de l’esbroufe sans beaucoup d'intérêt, désolé.

Nota bene: j'espère que le type qui gèrera cette « ZAPA » s'appellera Franck :-)