On vient de me passer un extrait du brûlot de Valérie Trierweiler. Il parle du voyage à Washington, quelques jours après l'élection présidentielle de 2012 :

« En dehors de Laurent Fabius, il ne faut pas être expert pour comprendre que la plupart des nouveaux ministres n’ont pas le niveau. Je suis affligée de ce que j’entends. Je les observe en silence, en me demandant comment tel ou tel a pu être nommé ministre. Équilibre de courant, équilibre de sexe, équilibre régional ou de parti. Peu sont là pour leur compétence. Cela crève les yeux de l’ancienne journaliste politique que je suis toujours au fond de moi. La presse critique leur amateurisme. Si j’étais toujours au service politique de Match, écrirais-je autre chose ? « Mais je me tais. »

« Merci pour ce moment. », Valérie Trierweiler, Éditions des Arènes, 2014

Je crois que ce passage est encore plus dévastateur que les commentaires sur la personnalité privée de François Hollande. Si les emmerdes volent en escadrille, tout le monde sait déjà que les épouses trompées de politiciens peuvent former une Armée aérienne complète... De toute manière, peu auraient parié un kopeck sur son couple avec Hollande après l'affaire du tweet.

Si le reste de l'ouvrage est du même cru (ce que j'ignore) alors oui, le livre de Valérie Trierweiler quitte aisément la biographie, le livre de souvenirs, la cautérisation voire la vengeance personnelle pour devenir une grenade dégoupillée. Je m'attends donc à ce que de nombreux autres extraits soient amplement commentés dans les jours qui viennent. Le Canard de mercredi va valoir son pesant de cacahouètes à mon avis... Je ne comprends pas comment elle a pu publier un tel document. Soit elle savait parfaitement l'effet qu'allait avoir son livre et cette femme a besoin de soins, soit elle l'ignorait et c'est consternant. Dans les deux, c'est affligeant.

(Nota bene : les commentaires sont fermés sur cet article, j'ai autre chose à faire que de la chasse au troll)