Hier soir, la ministre Axelle Lemaire a fait un excellent speech dans un anglais comme toujours parfait aux célébrations du 20ème anniversaire du W3C à l'Hôtel de Ville de Paris. J'étais au bout de la salle, avec Tariq Krim, au moment où la ministre a quitté la salle. Entourée par des membres de son Cabinet et des personnels de la Mairie de Paris, je l'ai alors interpellée. Je lui ai dit très précisément (ma mémoire se porte toujours bien, merci) :

Je ne comprends pas comment vous pouvez célébrer les standards ouvert du web libre ici ce soir après le vote de cet après-midi. J'ai honte, vraiment honte et j'espère que la loi sera censurée par le Conseil Constitutionnel.

C'est sorti des tripes, j'ai senti le besoin de l'apostropher, parce qu'elle est un membre du gouvernement qui porte ce projet et qu'il s'agit de son domaine de compétences. J'étais furieux du vote, et tout en restant poli, il s'agissait d'une engueulade. On peut parfaitement engueuler sans être grossier ou élever la voix. Le citoyen que je suis a le droit d'apostropher ses élus et le gouvernement.

Il y avait, outre Tariq et moi, 3 ou 4 personnes autour de la Ministre : deux membres du Cabinet et une ou deux personnes accompagnatrices personnels de la Mairie de Paris. Derrière, au niveau des tables d'accueil du W3C, il y avait 6 personnes. Nous étions donc 11 ou 12.

Ce matin, Emile Josselin, un des membres du Cabinet présent hier soir, m'a répondu avec une méthode totalement contre-productive... Après avoir attaqué sur le fond, il m'a accusé publiquement de sexisme, accusation reprise dans la foulée par quelques-uns dont Aurore Bergé, Coordinatrice déploiement du numérique à l'UMP.

J'ai entendu beaucoup de choses à mon sujet, mais m'accuser de sexisme, c'est aussi con que me traiter de bigot. C'est non seulement parfaitement ridicule mais également insultant et franchement salaud. Je prends tant les mots que la méthode non pour une critique - parfaitement acceptable - mais pour une attaque ad hominem détestable et lamentable pour tenter de me museler de la pire manière. Je rappelle pour mémoire, que j'ai apostrophé le Premier Ministre ici même. Je ne l'ai pas fait en face-à-face juste parce que je n'ai pas eu l'occasion récente de me trouver face à lui. Comptez sur moi pour le faire sinon.

Tout cela est choquant et profondément décevant. La réponse d'Emile Josselin a été pour le moins une honte, et il n'a même pas l'excuse de la bleusaille puisqu'il a déjà géré la campagne online de Martine Aubry et conseillait Jean-Marc Ayrault sur le sujet. Je lui recommande fortement de contacter mon amie Emmanuelle Hervé, une spécialiste de la gestion de crise qui saura efficacement le conseiller.

En attendant, une personne responsable - et soucieuse de l'image qu'elle donne du Cabinet d'un Ministre - me ferait parvenir des excuses pour laver l'accusation dégueulasse de sexisme.