Studio Walrus vient de poser une EXCELLENTE question sur twitter :

Je livre ci-dessous ma réponse, uniquement valable de mon point de vue, en quelques points :

  1. côté marché, le livre électronique est en général beaucoup, vraiment beaucoup, trop cher. Quand un livre papier est à 18€ et que sa version électronique, que l'on ne peut ni prêter, ni donner, ni léguer, ni partager, est à 14€, le client potentiel a l'impression (pun intended) qu'on se fout se sa gueule et il a totalement raison.
  2. côté technique, l'investissement R&D est bien trop maigre. Je pense en particulier à ce groupe majeur d'édition dont la page d'accueil Web est invisitable sans Flash... Comment espérer dans ces conditions que le Web et EPUB soient bien compris.
  3. EPUB est trop compliqué et les chaînes logicielles éditoriales sont du coup trop compliquées et surtout trop rares.
  4. je visite régulièrement des librairies où je flâne entre les rayons pour trouver mon bonheur. De temps en temps, j'aimerais pouvoir instantanément acheter en version ebook le livre que je tiens entre les mains mais c'est impossible... Les librairies sont faites pour vendre le papier, les sites Web et les devices le livre électronique. L'intégration n'est pas réalisée.
  5. je le répète, l'incapacité à gérer ses livres électroniques comme on gère ses livres papier (prêt, don, leg, partage) est un point bloquant majeur. Et je ne parle même pas de la sauvegarde définitive en local de ses livres électroniques...
  6. les liseuses de qualité restent très, très chères. Prenons l'exemple d'une Kindle Paperwhite. Entre 130 et 200€ si mes souvenirs sont bons. La Kindle Oasis commence à près de 300€ !!! C'est trop cher pour des livres électroniques dont le prix n'est pas très éloigné du prix papier. Il faudrait que les vendeurs de devices adoptent, par exemple, le modèle des imprimantes et de l'encre : machine très peu chère et consommables chers. Mais même comme cela, je crois que des ebooks non spécialisés au-delà de 10€ sont un modèle qui ne peut atteindre le plein succès.
  7. c'est aussi le vieux conflit entre le sustaining market et la disruptive innovation
  8. la lecture sur téléphone mobile est insupportable sur le long terme à cause du format d'écran, la lecture sur tablette est insupportable sur le long terme à cause du poids de la tablette d'une part et de l'autonomie batterie de la machine d'autre part. Seules les liseuses à encre électronique sont praticables.
  9. de nombreux ebooks ne se servent d'EPUB que comme packaging d'un formatage quasi-fixe, sans utiliser toute la puissance du Web. C'est parfois parce que les moteurs de restitution des liseuses sont mauvais, parfois parce que les éditeurs n'ont toujours pas compris comment réellement tirer parti de la technologie, parfois encore parce qu'ils ne veulent surtout pas tirer entièrement parti de la technologie...
  10. la qualité des ebooks n'atteint pas celle du papier. Sans parler des limites de la technologie, j'ai trop souvent vu des images de qualité réduite, des index manquants ou sans hyperliens (connerie sans nom !), j'en passe et des meilleures.
  11. et je n'oublie pas une espèce d'arrogance qui met une majuscule à « culture » quand elle est couchée sur papier